Aller au contenu

Premier Empire, 1808

5 cent Napoléon

  • Cuivremétal
  • 28 mmdiamètre
  • 8 gpoids
Sur la frise Premier Empire, 1804-1815

Pas encore dans le jeu

Pays
Premier Empire
Époque
Époque contemporaine, 1808
Métal
Cuivre
Poids
8 g
Diamètre
28 mm
Références
Numista 8023

La pièce de 5 cent Napoléon frappée en 1808 est une monnaie de cuivre du Premier Empire, produite cette année-là dans le seul atelier de Strasbourg. Elle appartient à la série des petites divisions en métal commun destinées aux échanges quotidiens, dans un système où le franc germinal sert d’unité de compte depuis 1803. Le millésime 1808 correspond à une phase de réorganisation de la fabrication monétaire impériale, quelques années après la réforme qui a stabilisé la monnaie française.

Un revers centré sur la valeur et l’atelier

Le revers de cette pièce de 5 cent Napoléon 1808 porte l’indication de sa valeur au centre, sous la forme « CINQ CENTIMES », inscrite dans une couronne de branches. Cette couronne, souvent composée de rameaux noués à leur base, encadre le chiffre ou le texte et joue un rôle à la fois décoratif et protecteur dans l’esthétique monétaire de l’époque. Sous la couronne figure le millésime, 1808, et à l’exergue, c’est-à-dire dans la partie basse du revers séparée par une ligne ou un espace, se trouve la lettre d’atelier BB. Cette lettre BB est le différent de Strasbourg : dans le système des ateliers français, chaque ville de fabrication disposait d’une lettre ou d’un symbole distinctif, et BB correspond précisément à l’atelier strasbourgeois pour cette période. Le listel, le petit bourrelet en relief qui court sur le pourtour de la pièce, encadre l’ensemble et protège le dessin de l’usure. Le grènetis, cette couronne de petits points souvent présente sur les monnaies, borde le champ près du listel. Pour le collectionneur, le revers est souvent le premier élément examiné, car c’est là que se lisent la valeur, l’année et l’atelier, et donc là que se repèrent les différences entre les tirages.

Le contexte monétaire du Premier Empire

En 1808, la France vit sous le régime du Premier Empire, proclamé en 1804. La monnaie est organisée autour du franc germinal, défini par la loi de germinal an XI (1803), qui fixe la valeur du franc à 5 grammes d’argent au titre de 9/10. Les pièces de cuivre, comme ce 5 centimes, servent aux transactions de faible montant et complètent les divisions en argent et en or. Le cuivre n’a pas la même valeur intrinsèque que les métaux précieux : sa fonction est de permettre les petits paiements, ceux du quotidien, là où une pièce d’argent serait trop lourde ou trop précieuse. La frappe de 1808 s’inscrit dans un effort de l’administration impériale pour doter chaque région d’une monnaie divisionnaire suffisante, adaptée aux besoins locaux. Strasbourg, ville de l’est, atelier actif, fournit alors les pièces destinées à circuler dans sa zone d’influence.

La description de l’avers

L’avers de cette monnaie, c’est-à-dire la face principale, porte le portrait de Napoléon Ier. Le type utilisé pour les pièces de cuivre de cette période est généralement un buste tourné vers la gauche, tête nue ou laurée selon les émissions, entouré de la légende « NAPOLEON EMPEREUR ». La légende est l’inscription qui fait le tour de la pièce, près du listel. La signature du graveur apparaît souvent sous le buste, parfois sous la forme d’un nom ou d’initiales. Pour cette pièce précise, le graveur est Jean-Pierre Droz [À VÉRIFIER], dont le travail a marqué plusieurs types napoléoniens. Le portrait impérial sur les monnaies de cuivre reprend les codes de l’iconographie officielle : le profil, la chevelure, le nez, le menton, servent à identifier sans ambiguïté l’empereur. Un collectionneur qui examine une 5 cent Napoléon 1808 regarde d’abord l’avers pour vérifier l’usure du portrait, car les reliefs les plus saillants sont les premiers à s’aplatir avec la circulation.

D’où vient le type et ce qu’il abandonne

Le type monétaire de cette pièce s’inscrit dans la continuité des réformes de l’an XI, qui ont unifié les monnaies françaises après les émissions disparates de la Révolution. Avant 1803, les pièces de cuivre circulaient avec des types variés, souvent liés aux régimes précédents ou aux autorités locales. Le Premier Empire conserve la structure du franc germinal mais adapte l’iconographie au nouveau pouvoir. Le portrait de Napoléon remplace les allégories révolutionnaires comme la Liberté ou l’Égalité sur les divisions de cuivre. Le type du 5 centimes Napoléon reste globalement stable pendant plusieurs années, avec des ajustements de détail selon les ateliers et les millésimes. En 1808, le dessin n’est plus une nouveauté : il est rodé, et l’atelier de Strasbourg l’applique selon les normes définies par l’administration des monnaies.

L’atelier de Strasbourg et le tirage de 1808

Le tirage connu pour cette année et cet atelier est de 108 000 exemplaires, un volume modeste à l’échelle des monnaies impériales. Cette relative rareté s’explique par plusieurs facteurs : les ateliers de province ne frappaient pas tous les ans, et les besoins locaux variaient. Strasbourg (BB) était l’un des ateliers actifs de l’est de la France, et sa production de 5 centimes en 1808 répondait à la demande de circulation dans sa région. Pour le collectionneur, la combinaison millésime 1808 et atelier BB est donc un repère précis : une 5 cent Napoléon atelier BB de 1808 ne se confond pas avec les productions d’autres villes ou d’autres années. Le nombre de 108 000 pièces reste faible comparé aux frappes de certains millésimes parisiens, ce qui rend cette référence plus recherchée dans les collections spécialisées.

La pièce dans les échanges de 1808

Un 5 centimes en cuivre représentait une somme modeste mais utile. Dans le système du franc germinal, 1 franc valait 100 centimes, et 5 centimes correspondaient à la moitié d’un sou, sachant qu’un sou valait 5 centimes dans le langage courant de l’époque. Cette pièce servait à acheter un petit pain, une mesure de légumes, ou à compléter un paiement. Les salaires ouvriers se comptaient en francs par jour, et les centimes servaient à ajuster les dépenses quotidiennes. Pour un lecteur d’aujourd’hui, la comparaison est difficile, mais on peut retenir que ces pièces de cuivre étaient les plus courantes dans les mains des gens ordinaires, plus que les belles pièces d’or ou d’argent que l’on conserve dans les médailliers. Une 5 cent Napoléon 1808 de Strasbourg a donc circulé, servi, été usée, et les exemplaires qui subsistent portent souvent les marques de cette vie matérielle.

Ce que les collectionneurs regardent

Plusieurs éléments distinguent les exemplaires d’un même millésime. La tranche, d’abord : les pièces de cuivre ont généralement une tranche lisse ou striée, et son état renseigne sur la fabrication. Les retouches de coin, ensuite, ces petites modifications apportées au poinçon pendant la production, créent des variantes de détail dans le portrait ou la couronne. La position de la lettre d’atelier BB, la netteté du millésime, l’usure du grènetis, sont autant de critères d’examen. Certains collectionneurs recherchent les exemplaires avec une patine uniforme, d’autres privilégient les pièces ayant conservé leurs reliefs d’origine. La rareté relative du tirage de 108 000 exemplaires pour l’atelier de Strasbourg en 1808 en fait une référence suivie dans les catalogues de monnaies napoléoniennes.

Après 1808 : la suite de la série

La série des 5 centimes au portrait de Napoléon continue après 1808, avec des frappes dans d’autres ateliers et d’autres millésimes. Le type évolue avec les années, et l’atelier de Strasbourg produit encore d’autres émissions. La chute de l’Empire en 1814 puis le retour des Bourbons entraînent un changement d’iconographie : les portraits royaux remplacent celui de Napoléon sur les monnaies françaises. Les pièces de 5 centimes frappées sous Louis XVIII ou Charles X reprennent la même fonction dans le système du franc germinal, qui reste en place jusqu’au milieu du XIXe siècle. Pour la pièce de 1808 de Strasbourg, cela signifie qu’elle appartient à une fenêtre de production limitée, entre la réforme de l’an XI et les bouleversements politiques de 1814. Les exemplaires qui ont survécu sont donc les témoins d’une période courte de l’histoire monétaire française, celle où le Premier Empire frappait sa monnaie de cuivre à Strasbourg.

Millésimes et tirages

1 millésime par atelier, 108 000 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1808StrasbourgBB108 000

Voir ces ateliers sur la carte →

En bref

Sous quel régime la pièce de 5 cent Napoléon a-t-elle été frappée ?

Sous le Premier Empire (1804-1815), en 1808.

En quel métal est la pièce de 5 cent Napoléon ?

Cuivre, pour un poids de 8 g et un diamètre de 28 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 5 cent Napoléon a-t-elle été frappée ?

1 atelier recensé : Strasbourg (BB).

Combien d'exemplaires de la pièce de 5 cent Napoléon ont été frappés ?

Au moins 108 000 exemplaires d'après les tirages connus, dont 108 000 à Strasbourg en 1808.

Frappées sous le même régime

Toutes les pièces →