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Restauration, 1814-1815

5 francs Louis XVIII

Buste habillé

  • Argent 900‰métal
  • 37 mmdiamètre
  • 25 gpoids
Sur la frise Restauration, 1815-1830

Pas encore dans le jeu

Pays
Restauration
Époque
Époque contemporaine, 1814-1815
Métal
Argent 900‰
Poids
25 g
Diamètre
37 mm
Références
Numista 2110
Avers
Buste habillé

Le 5 francs Louis XVIII de la variante « buste habillé » est une pièce d’argent de 25 grammes frappée pour l’essentiel entre 1814 et 1815, pendant la première Restauration, dans treize ateliers répartis sur le territoire français. Elle marque le retour du portrait royal sur la monnaie de cinq francs après plus de vingt ans d’effigies révolutionnaires et impériales, et sa production totale connue avoisine les 15,2 millions d’exemplaires. Le millésime 1815, interrompu par les Cent-Jours puis par la chute définitive de l’Empire, compte parmi les émissions les plus courtes et les plus recherchées de la série.

Un revers qui affiche la valeur et la foi monarchique

Le revers porte au centre, dans une couronne de laurier nouée par un ruban, l’inscription « 5 FRANCS » surmontée du millésime. La légende circulaire annonce « RÉGNE DE LOUIS XVIII » [À VÉRIFIER pour la formulation exacte], formule qui rompt avec le « Empire français » napoléonien et inscrit la pièce dans une continuité dynastique.

Sous la couronne figure l’exergue, l’espace situé à la base du revers où l’on place généralement des informations secondaires. On y trouve le différent du maître d’atelier, celui du graveur général et la lettre d’atelier, cette dernière indiquant le lieu de fabrication : A pour Paris, L pour Bayonne, K pour Bordeaux, H pour La Rochelle, W pour Lille, I pour Limoges, D pour Lyon, MA pour Marseille, T pour Nantes, Q pour Perpignan, B pour Rouen, BB pour Strasbourg et M pour Toulouse. C’est précisément cette lettre qui permet d’identifier un « 5 francs Louis XVIII atelier A » ou un « 5 francs Louis XVIII atelier L » en un coup d’œil, distinction capitale pour les collectionneurs puisque les tirages varient d’un extrême à l’autre selon l’atelier.

Le grènetis, cette guirlande de petits points qui cerne le listel (le bord légèrement saillant de la pièce), encadre l’ensemble des deux faces. La tranche, enfin, porte en creux l’inscription « DOMINE SALVUM FAC REGEM », une formule latine invoquant la protection divine sur le roi.

Le buste habillé, une image de restauration

L’avers présente le portrait de Louis XVIII de profil, en buste habillé, c’est-à-dire vêtu d’un uniforme ou d’un habit de cour plutôt que du seul profil de tête nue qui caractérise d’autres variantes contemporaines. La légende circulaire donne le nom du roi, et la signature du graveur figure en bas du buste. Auguste-François Michaut est crédité du dessin de ce type [À VÉRIFIER].

Ce portrait reprend la tradition du buste royal qui avait cours sous l’Ancien Régime, avant que la Révolution ne lui substitue des allégories puis que Napoléon n’impose son propre profil. Le retour du souverain sur la monnaie constitue en soi un acte politique : il signifie que la légitimité monarchique est rétablie dans l’espace public, y compris dans la poche du plus modeste des sujets.

Les détails du buste (position du drapé, forme du col, traitement de la chevelure) varient légèrement d’un atelier à l’autre, voire au sein d’un même atelier quand plusieurs coins ont été utilisés. Les sources signalent ainsi deux variantes pour Lille (W) en 1814, pour Bayonne (L), Limoges (I), Paris (A), Perpignan (Q) et Toulouse (M) en 1815.

Treize ateliers, un déséquilibre frappant

Les données de frappe témoignent d’une géographie monétaire très inégale. Pour le seul millésime 1814, Toulouse (M) aligne 2 376 486 pièces, Bayonne (L) 1 901 563 et Limoges (I) 1 553 458, tandis que Strasbourg (BB) ne produit que 4 901 exemplaires et Nantes (T) 5 217. Paris (A), avec 1 465 247 pièces, n’occupe que la quatrième position. Ce déséquilibre s’explique par la proximité des ateliers avec les zones de circulation et par la demande locale en espèces, mais aussi par la dispersion des stocks métalliques dans une période de transition politique.

La répartition change nettement en 1815. Paris tombe à 411 569 pièces et Limoges (I) prend la tête avec 1 738 153 exemplaires, suivie de Bayonne (L) avec 1 129 771 et Perpignan (Q) avec 923 931. Certains ateliers s’effondrent : Lyon (D) ne frappe plus que 7 470 pièces, Marseille (MA) 7 401 et Strasbourg (BB) 1 545. Le millésime 1815 étant interrompu par le retour de Napoléon en mars puis par la seconde abdication en juin [À VÉRIFIER pour les dates précises de suspension], ces chiffres traduisent moins un choix délibéré qu’une contrainte politique.

Un « 5 francs Louis XVIII 1814 » frappé à Strasbourg constitue donc, avec ses 4 901 exemplaires, l’une des combinaisons les plus rares de la série, à l’opposé d’un « 5 francs Louis XVIII 1814 atelier M » que l’on rencontre bien plus fréquemment.

Ce que cinq francs représentaient

Cinq francs en argent représentent, sous la Restauration, une somme considérable pour un ouvrier. Le franc germinal, défini par la loi du 7 germinal an XI, correspond à 5 grammes d’argent à 900 millièmes [À VÉRIFIER]. Le salaire journalier d’un manœuvre ou d’un ouvrier non qualifié se situe alors autour de deux à trois francs [À VÉRIFIER], ce qui place cette pièce au niveau de deux journées de travail. Une famille modeste pouvait difficilement en conserver plusieurs.

La pièce servait donc surtout aux paiements importants : loyer d’un logement modeste pour un mois, achat d’une pièce de tissu, règlement d’une dette entre commerçants. Dans les campagnes, elle circulait peu et se thésaurisait volontiers, ce qui explique que de nombreux exemplaires nous parviennent dans un état proche de la frappe, sans usure prononcée.

Ce que les collectionneurs observent aujourd’hui

La tranche en creux est le premier point d’examen. L’inscription « DOMINE SALVUM FAC REGEM » doit être nette et régulièrement espacée ; une tranche lisse, refaite ou irrégulière signale souvent une transformation ultérieure. On vérifie ensuite la lettre d’atelier et le millésime, car un même type peut cacher des raretés très différentes selon ces deux données.

Les variantes de coin, signalées pour plusieurs ateliers, portent sur des détails du buste ou de la couronne : position d’une feuille de laurier, longueur d’une mèche, forme du ruban. Les collectionneurs spécialisés les recensent et les classent, mais leur identification demande une loupe et une comparaison avec des exemplaires de référence, car l’usure efface rapidement ces nuances.

La frappe de 1815, souvent altérée par les événements, présente fréquemment des faiblesses de frappe ou des flans irréguliers qui affectent la netteté du relief. Ces défauts, loin de déprécier systématiquement la pièce, renseignent sur les conditions matérielles dans lesquelles les ateliers travaillaient à la fin de la période.

L’après-1815

Le buste habillé ne survit pas à la seconde Restauration. Dès 1816, un nouveau type monétaire est adopté, avec un buste nu et une légende modifiée [À VÉRIFIER pour le détail du changement]. La pièce de 5 francs Louis XVIII de 1814-1815 reste donc circonscrite à une fenêtre de frappe très brève, ce qui explique l’intérêt qu’elle suscite chez les amateurs de monnaie royale : elle fixe, sur vingt-cinq grammes d’argent, le moment précis où la monarchie restaurée tente de réinscrire son image dans le quotidien des Français.

Millésimes et tirages

26 millésimes par atelier, 15 178 581 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1814ParisA1 465 247 · 2 variantes
1814RouenB634 669
1814StrasbourgBB4 901
1814LyonD81 763
1814La RochelleH46 107
1814LimogesI1 553 458
1814BordeauxK355 087
1814BayonneL1 901 563
1814ToulouseM2 376 486
1814MarseilleMA98 617
1814PerpignanQ1 181 316
1814NantesT5 217
1814LilleW104 384 · 2 variantes
1815ParisA411 569 · 2 variantes
1815RouenB253 983
1815StrasbourgBB1 545
1815LyonD7 470
1815La RochelleH33 704
1815LimogesI1 738 153 · 2 variantes
1815BordeauxK107 745
1815BayonneL1 129 771 · 2 variantes
1815ToulouseM632 465 · 2 variantes
1815MarseilleMA7 401
1815PerpignanQ923 931 · 2 variantes
1815NantesT7 976
1815LilleW114 053

Voir ces ateliers sur la carte →

En bref

Sous quel régime la pièce de 5 francs Louis XVIII a-t-elle été frappée ?

Sous la Restauration (1815-1830), entre 1814 et 1815.

En quel métal est la pièce de 5 francs Louis XVIII ?

Argent 900‰, pour un poids de 25 g et un diamètre de 37 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 5 francs Louis XVIII a-t-elle été frappée ?

13 ateliers recensés : Paris (A), Rouen (B), Strasbourg (BB), Lyon (D), La Rochelle (H), Limoges (I), Bordeaux (K), Bayonne (L), Toulouse (M), Marseille (MA), Perpignan (Q), Nantes (T), Lille (W).

Combien d'exemplaires de la pièce de 5 francs Louis XVIII ont été frappés ?

Au moins 15 178 581 exemplaires d'après les tirages connus, dont 2 376 486 à Toulouse en 1814.

Frappées sous le même régime

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