Le 5 cents Henri V est une petite pièce d’argent de 900 millièmes frappée en 1832, sous la Restauration, alors que le trône est occupé par Louis-Philippe Ier depuis la révolution de Juillet 1830. Malgré son nom, elle ne porte pas l’effigie du comte de Chambord, prétendant légitimiste au trône sous le nom d’Henri V, mais celle du roi régnant : l’appellation « Henri V » circulait dans les milieux royalistes et s’est imposée dans le langage courant pour désigner cette monnaie de transition [À VÉRIFIER]. D’un poids de 1,37 g pour 16,0 mm de diamètre, ce module correspond à la plus petite coupure divisionnaire de la série d’argent inaugurée sous la monarchie de Juillet.
Le basculement monétaire de 1830
La révolution des Trois Glorieuses a renversé Charles X en juillet 1830 et placé Louis-Philippe d’Orléans à la tête d’une monarchie constitutionnelle. Le nouveau pouvoir doit très vite réaffirmer son autorité, y compris sur la monnaie, qui est le support le plus visible de la souveraineté. Les types monétaires frappés sous Charles X, portant son effigie et les armes de la Maison de Bourbon, deviennent politiquement obsolètes. Il faut les remplacer par des espèces à l’image du nouveau régime, sans pour autant rompre brutalement avec le système métrique instauré par la loi du 7 germinal an XI, qui a fixé le franc à 5 grammes d’argent à 900 millièmes et organisé la frappe des divisions en centimes.
Le franc germinal reste donc la référence : le 5 cents Henri V s’inscrit dans cette continuité pondérale et métallique, même si son dessin change radicalement. La pièce de 5 centimes est la plus petite division d’argent de la série, complétée par des valeurs de 10, 25 et 50 centimes, ainsi que par les pièces de 1, 2 et 5 francs. En 1832, la frappe des monnaies divisionnaires reprend sous de nouveaux types, et le 5 centimes en argent constitue l’échelon le plus bas de cette hiérarchie.
Un avers à l’effigie du roi des Français
L’avers, c’est-à-dire la face principale de la pièce, porte le portrait de Louis-Philippe Ier tourné vers la gauche. Le graveur a représenté le souverain en habit civil, sans couronne ni manteau d’apparat, conformément au choix politique d’une monarchie qui se veut bourgeoise et proche du peuple. La légende, inscrite en périphérie du listel (le bourrelet circulaire qui borde la pièce), indique « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS ». Cette formule rompt avec le traditionnel « ROI DE FRANCE » des Bourbons : elle rattache le monarque à la Nation plutôt qu’à un territoire dynastique.
Le portrait est signé du graveur général des monnaies de l’époque [À VÉRIFIER]. Le style s’inspire largement des effigies réalistes développées sous la Restauration, mais abandonne la chevelure abondante et les attributs royaux pour un profil plus sobre, presque administratif. Un grènetis, c’est-à-dire une fine couronne de petits points, sépare le listel du champ où figure le portrait. Ce détail technique permet de distinguer les frappes soignées des exemplaires usés ou retouchés.
Le revers : valeur, millésime et couronne
Le revers affiche au centre la valeur faciale « 5 CENTIMES » entourée d’une couronne formée de deux branches, l’une de chêne et l’autre de laurier, liées par un ruban. Cette composition symbolique, héritée des types révolutionnaires et napoléoniens, évoque la force civique et la victoire sans référence monarchique explicite. Sous la couronne figure le millésime 1832, et à sa gauche ou à sa droite, selon les exemplaires, la lettre d’atelier qui identifie le lieu de fabrication. La légende circulaire reprend les mots « ROI DES FRANÇAIS » ou une formule voisine selon les descriptions [À VÉRIFIER].
Aucun différent ni marque monétaire précise n’est documenté ici pour le 5 cents Henri V de 1832, ce qui s’explique en partie par la rareté des sources disponibles sur cette frappe. La tranche, qui est le chant de la pièce, est lisse sur ce module, comme sur la plupart des petites divisions d’argent de l’époque. Les collectionneurs qui recherchent cette pièce examinent surtout la netteté du grènetis, la présence de la lettre d’atelier et l’état du portrait, souvent le premier à s’user.
Le devenir du type et sa disparition
Le type au portrait de Louis-Philippe Ier n’a pas survécu à la monarchie de Juillet. Après la révolution de 1848 et l’instauration de la Deuxième République, de nouveaux dessins remplacent les effigies royales par des allégories républicaines, comme la figure de la Liberté. La pièce de 5 centimes en argent, trop petite et peu pratique, tend à disparaître au profit de modules en bronze ou en billon, mieux adaptés aux transactions quotidiennes. Le 5 cents Henri V de 1832 reste donc un jalon bref dans l’histoire monétaire française, entre la fin des Bourbons et l’installation durable de la République.