La pièce de 5 francs Charles X de 1er type est une monnaie d’argent frappée en France entre 1824 et 1826, sous la Restauration, au nom du roi Charles X. Dessinée selon les normes du système germinal instauré en 1803, elle pèse 25 grammes et titre 903 millièmes d’argent fin, pour un diamètre de 37 millimètres. Elle fut produite dans treize ateliers répartis sur le territoire et tire son intérêt, pour les collectionneurs actuels, d’une abondance de millésimes, de lettres d’atelier et de variantes de coin.
La fabrication et les ateliers : treize villes pour une même pièce
La frappe du 5 francs Charles X 1er type s’étend sur trois années civiles et mobilise un réseau d’ateliers bien plus large que ce que la seule production parisienne pourrait laisser croire. L’atelier de Paris, identifié par la lettre A, assure à lui seul une part dominante du tirage : 408 229 exemplaires en 1824, 2 490 303 en 1825 et 7 168 865 en 1826, soit près de la moitié de la production totale. Lille (W) occupe la deuxième position avec 1 103 207 pièces en 1825 et 3 581 450 en 1826, suivi de Lyon (D), de Marseille (MA) et de Bordeaux (K).
Le tirage total connu s’élève à 23 550 612 exemplaires. Ce chiffre masque des écarts considérables entre les ateliers. Rouen (B) n’a frappé que 112 676 pièces en 1825, Limoges (I) 154 614 la même année, et Perpignan (Q) 162 664. La Rochelle (H), Strasbourg (BB), Bayonne (L), Toulouse (M), Nantes (T) complètent la liste, avec des volumes qui dépassent rarement quelques centaines de milliers d’unités par an. Nantes n’apparaît d’ailleurs qu’en 1826, avec 203 014 exemplaires, ce qui en fait la production la plus tardive et la plus modeste de la série pour cet atelier.
Cette dispersion géographique répond à une logique pratique : l’argent-métal circule mal sur de longues distances, et chaque région monétaire dispose de son propre atelier pour alimenter le commerce local. Un négociant bordelais qui recevait des pièces de 5 francs frappées à Paris pouvait tout aussi bien en recevoir de l’atelier de Bordeaux, la lettre K gravée dans le revers permettant de l’identifier. Les collectionneurs d’aujourd’hui recherchent précisément ces lettres d’atelier : une pièce de 5 francs Charles X 1826 atelier Lille n’a pas la même rareté qu’une pièce sortie de Limoges la même année, bien que leur valeur faciale et leur poids d’argent soient identiques.
Le portrait du roi et la légende de l’avers
L’avers, c’est-à-dire la face principale de la monnaie, porte le buste de Charles X tourné vers la gauche. Le roi y apparaît en habit, avec le col de l’ordre du Saint-Esprit et la plaque de l’ordre du Lys [À VÉRIFIER]. La légende circulaire, gravée en périphérie du listel, se lit « CHARLES X ROI DE FRANCE ». Sous le buste figure la signature du graveur, Auguste-François Michaut [À VÉRIFIER], qui a également signé le type précédent sous Louis XVIII.
Le portrait de Charles X se distingue de celui de son prédécesseur par un traitement plus austère du visage et de la coiffure. Le roi, âgé de 67 ans à son avènement, est représenté avec un profil lourd, la chevelure relevée, sans les attributs militaires qui ornaient parfois les effigies de Louis XVIII. Cette sobriété correspond au style monétaire de la Restauration, où l’effigie royale doit inspirer la confiance et la continuité plutôt que la gloire militaire.
Le revers : valeur, couronne et millésime
Le revers porte la valeur faciale « 5 F » entourée d’une couronne de laurier et de chêne, surmontée de la couronne royale. La légende circulaire indique « PIECE DE 5 FRANCS » [À VÉRIFIER pour la graphie exacte], et le millésime apparaît en exergue, c’est-à-dire dans la partie inférieure du champ, sous la couronne. La lettre d’atelier se loge dans le champ, à proximité de la couronne ou sous le nœud qui la ferme.
Le grènetis, cette fine chaîne de perles qui borde le pourtour de la pièce à l’intérieur du listel, est présent sur les deux faces. Sa régularité constitue l’un des critères d’authenticité les plus regardés, car les faux d’époque ou les surmoulages modernes présentent souvent un grènetis irrégulier ou incomplet. La tranche porte l’inscription « DOMINE SALVUM FAC REGEM », devise latine qui signifie « Seigneur, sauve le roi », accompagnée de symboles [À VÉRIFIER : description exacte de la tranche, lis ou autres motifs].
Ce que les collectionneurs examinent sur le 1er type
La période de frappe 1824-1826 pour le 1er type du 5 francs Charles X coïncide avec une réorganisation des types monétaires. Les collectionneurs distinguent ce premier type du second type, frappé à partir de 1826 [À VÉRIFIER], qui présente des modifications dans le dessin du buste ou de la légende. Les deux variantes signalées pour Paris en 1824 et 1825 correspondent à des retouches de coin, généralement des différences dans la position de la signature, la forme de la couronne ou la ponctuation de la légende.
La rareté relative de certains ateliers pour une année donnée guide les recherches. Un 5 francs Charles X 1825 atelier Rouen (B) avec 112 676 exemplaires s’avère moins fréquent qu’un 1826 atelier Lille (W) tiré à plus de 3,5 millions. Les pièces de Bayonne, Limoges, Perpignan et Nantes sont particulièrement surveillées, leurs tirages annuels restant sous les 250 000 unités. L’état de conservation, évalué selon la qualité du portrait, la netteté des légendes et l’absence de nettoyage abusif, pèse davantage que la lettre d’atelier pour les exemplaires parisiens.
La suite : le second type et la fin du règne
Le 1er type du 5 francs Charles X cède la place à un second type dès 1826 [À VÉRIFIER], dont les modifications portent sur des détails du dessin. La frappe se poursuit sous Charles X jusqu’à la révolution de Juillet 1830, puis le type est remplacé par le 5 francs Louis-Philippe Ier, qui inaugure une nouvelle effigie et de nouvelles légendes. Les pièces de 5 francs Charles X 1er type restent aujourd’hui recherchées pour leur diversité d’ateliers et leur poids d’argent fin, qui en fait des témoins matériels de la circulation monétaire sous la Restauration.