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Restauration, 1814

1 décime Louis XVIII

Au L couronné, lourde (25g)

  • Bronzemétal
  • 32 mmdiamètre
  • 25 gpoids
Sur la frise Restauration, 1815-1830

Pas encore dans le jeu

Pays
Restauration
Époque
Époque contemporaine, 1814
Métal
Bronze
Poids
25 g
Diamètre
32 mm
Références
Numista 6678
Avers
Au L couronné, lourde (25g)

La pièce de 1 décime Louis XVIII au L couronné, frappée en 1814 à Strasbourg, est une monnaie de bronze de la Restauration. Elle appartient à la série dite « lourde » de 25 grammes, émise pendant la première année du retour des Bourbons, avant que la refonte du système monétaire ne réduise le module et le poids des décimes. Son tirage, limité à 120 853 exemplaires pour l’atelier de Strasbourg, en fait une pièce peu commune que les collectionneurs recherchent sous l’appellation « 1 décime Louis XVIII 1814 atelier BB ».

Un type hérité du Directoire, gravé par Augustin Dupré

Le dessin de cette pièce ne doit rien à la Restauration. Le portrait qui figure à l’avers, comme la couronne de chêne du revers, proviennent du type créé sous le Directoire par Augustin Dupré, graveur général des monnaies de 1795 à 1803. Dupré avait alors conçu une effigie de la République coiffée du bonnet phrygien, entourée de la légende « REPUBLIQUE FRANÇAISE ». Le retour de Louis XVIII en 1814 imposait de changer le visage du pouvoir sans bouleverser l’ensemble de l’appareil monétaire : on conserva donc la structure du type, le module, le métal, et jusqu’à la disposition des légendes, en substituant simplement le portrait du roi à celui de la République.

Ce remploi n’est pas un cas isolé dans l’histoire monétaire française. Il traduit une forme d’économie : graver un nouveau type complet aurait exigé des coins neufs pour chaque valeur, dans un contexte où les ateliers tournaient déjà à plein régime pour alimenter la circulation après les troubles de l’Empire finissant. Le graveur du portrait de Louis XVIII pour cette émission reste à identifier précisément [À VÉRIFIER]. La signature « Dupré » n’apparaît pas sur les décimes de 1814 dans la forme qu’elle prenait sur les pièces républicaines, ce qui suggère une adaptation plutôt qu’une reprise à l’identique.

Le L couronné, marque d’un pouvoir restauré

L’avers porte l’effigie de Louis XVIII tournée vers la gauche, en buste drapé. La légende qui l’entoure annonce « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE ». Le revers, lui, abandonne les motifs républicains au profit d’un L couronné, initiale du souverain surmontée d’une couronne royale. C’est cette marque, propre aux émissions de 1814 et 1815, qui donne son nom à la variante : « au L couronné ». Elle permet de distinguer au premier coup d’œil les monnaies de la Première Restauration des décimes républicains ou impériaux qui circulaient encore.

La valeur faciale « UN DÉCIME » figure au revers, accompagnée de la date 1814 et de la lettre d’atelier. Le listel, c’est-à-dire le bourrelet circulaire qui borde la pièce à l’intérieur du grènetis (le chapelet de petits grains périphériques), encadre l’ensemble. La lettre BB placée sous le L désigne Strasbourg. Cette lettre d’atelier est un repère essentiel pour les collectionneurs : elle indique où la pièce a été frappée, et conditionne en grande partie sa rareté.

Strasbourg, unique atelier pour cette variante lourde

En 1814, les décimes « lourds » de 25 grammes au L couronné n’ont pas été produits dans tous les ateliers français. Pour cette variante précise, Strasbourg apparaît comme le seul atelier connu, avec un tirage de 120 853 exemplaires répartis en trois variantes de coin. Cette concentration sur un atelier unique s’explique en partie par la chronologie : la Première Restauration couvre une période courte, d’avril 1814 à mars 1815, et les ateliers n’ont pas tous eu le temps de recevoir les coins au nouveau type avant le retour de Napoléon pendant les Cent-Jours.

Le chiffre de 120 853 exemplaires reste modeste à l’échelle des frappes monétaires de l’époque. À titre de comparaison, certaines émissions de décimes sous le Consulat ou l’Empire dépassent le million. Cette relative rareté, combinée à la brièveté de la période, explique l’intérêt que portent les numismates à cette pièce. Les trois variantes signalées pour Strasbourg correspondent à des différences de coins, visibles notamment dans la couronne, la position du L ou les détails du buste. Leur recensement précis demande un examen à la loupe, coin par coin.

Le poids lourd, vestige d’un système en transition

La décime est une subdivision du franc créé par la loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803). Un franc vaut dix décimes, et un décime vaut dix centimes. La pièce de 1 décime en bronze existe en deux formats : un module « lourd » de 25 grammes et 32 millimètres, et un module « léger » d’environ 5 grammes, adopté plus tard. La variante lourde de 1814 s’inscrit donc dans la continuité des décimes de grand module frappés sous la République et l’Empire.

Cette lourdeur s’explique par la valeur intrinsèque du métal. À l’époque, une pièce de bronze doit contenir une quantité de cuivre approchant sa valeur faciale, faute de quoi elle risque d’être fondue pour récupérer le métal. Le décime lourd de 25 grammes correspond à cette logique. Le passage ultérieur au décime léger traduira un changement d’approche : la monnaie divisionnaire devient un jeton fiduciaire, dont la valeur repose sur la confiance dans l’État émetteur plus que sur le poids du métal.

Dans la vie quotidienne de 1814, un décime représente une somme modeste mais utile. Il permet d’acheter un pain d’une livre environ [À VÉRIFIER], ou quelques menus objets. Les salaires ouvriers se comptent en francs par jour, et le décime sert aux transactions de faible montant : achats au marché, paiement d’un journal, pourboires. Sa taille et son poids en font une pièce qu’on sent dans la poche, contrairement aux pièces légères qui suivront.

Ce que les collectionneurs examinent sur un décime de 1814

Au-delà de l’authenticité, plusieurs critères distinguent les exemplaires. La tranche, d’abord : les décimes lourds portent une tranche cannelée ou lisse selon les émissions, et ce détail varie parfois d’un atelier à l’autre. Le grènetis, ensuite, dont la régularité et la finesse dépendent de l’état du coin. Une pièce fraîchement sortie de presse montre un grènetis net et des reliefs tranchés ; l’usure de circulation efface ces détails en premier.

Les trois variantes de Strasbourg se reconnaissent à des modifications du coin de revers ou d’avers : position de la couronne par rapport au L, forme de la base du L, orientation de certains éléments de la légende. Ces différences, parfois infimes, demandent une comparaison avec des planches de référence. La couleur du bronze compte aussi : une patine uniforme, brun foncé ou vert-de-gris, est recherchée ; les nettoyages abusifs déprécient l’aspect. Enfin, la présence de défauts de flan ou de coins cassés intéresse certains collectionneurs spécialisés dans les erreurs de fabrication.

L’éclipse rapide du décime lourd

La variante lourde au L couronné n’a pas survécu à l’année 1814. Dès 1815, la Seconde Restauration reprend le pouvoir après les Cent-Jours, et les émissions monétaires reprennent avec de nouveaux ajustements. Le décime de 25 grammes disparaît rapidement au profit de modules plus légers, plus économiques à produire et mieux adaptés à la circulation. La pièce de 1 décime Louis XVIII au L couronné de Strasbourg reste ainsi un jalon bref, coincé entre la fin de l’Empire et la mise en place du système monétaire qui structurera la France jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Millésimes et tirages

1 millésime par atelier, 120 853 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1814StrasbourgBB120 853 · 3 variantes

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En bref

Sous quel régime la pièce de 1 décime Louis XVIII a-t-elle été frappée ?

Sous la Restauration (1815-1830), en 1814.

En quel métal est la pièce de 1 décime Louis XVIII ?

Bronze, pour un poids de 25 g et un diamètre de 32 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 1 décime Louis XVIII a-t-elle été frappée ?

1 atelier recensé : Strasbourg (BB).

Combien d'exemplaires de la pièce de 1 décime Louis XVIII ont été frappés ?

Au moins 120 853 exemplaires d'après les tirages connus, dont 120 853 à Strasbourg en 1814.

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