La pièce de 20 francs Charles X est une monnaie en or émise sous la Restauration, entre 1824 et 1830, dans le cadre du système monétaire institué par la loi du 17 germinal an XI. Elle servait aux paiements d’envergure et circulait aux côtés des autres coupures or et argent de l’époque. Frappée dans quatre ateliers, elle demeure aujourd’hui recherchée pour ses millésimes rares et la variété de ses portraits.
Le buste du roi, signature d’un type nouveau
L’avers, c’est-à-dire la face principale de la pièce, porte un portrait en buste de Charles X tourné vers la gauche. Le roi y apparaît en habit, l’ordre du Saint-Esprit visible sur la poitrine, les cheveux relevés selon la mode du début du XIXe siècle. La légende circulaire, gravée en bordure, se lit « CHARLES X ROI DE FRANCE ». Sous le buste figure la signature du graveur, un nom que les collectionneurs repèrent immédiatement car il change selon les années de frappe. Les premiers millésimes portent la signature de Michaut, avant qu’Auguste-François Michaut ne soit remplacé par d’autres graveurs pour les émissions suivantes [À VÉRIFIER]. Le portrait se distingue de celui de Louis XVIII par un traitement plus fin des traits du visage et une chevelure travaillée différemment, ce qui permet de différencier les deux règnes au premier coup d’œil. Un listel et un grènetis, ces petits points en relief qui bordent la pièce, encadrent le champ et protègent le dessin de l’usure.
Un revers qui affiche la valeur et l’atelier
Le revers présente, au centre, une couronne de laurier fermée en haut par un nœud. À l’intérieur de cette couronne figurent en deux lignes la valeur faciale « 20 FRANCS » et le millésime. La légende extérieure reprend la devise du royaume, « RÉGNE DE CHARLES X » [À VÉRIFIER pour la formulation exacte]. Tout en bas, dans l’exergue, apparaît la lettre d’atelier : A pour Paris, W pour Lille, T pour Nantes, Q pour Perpignan. Cette lettre est un repère essentiel pour identifier l’origine d’une pièce, car les quatre ateliers n’ont pas frappé les mêmes volumes ni les mêmes années. Le millésime et la lettre d’atelier sont les premiers éléments que l’on vérifie avant toute autre observation, notamment pour les pièces de 20 francs Charles X 1825 ou les émissions parisiennes tardives.
La fabrication : quatre ateliers, des écarts considérables
La production de cette monnaie s’étend sur six années civiles, de 1825 à 1830, sans frappe en 1824 malgré le début officiel du règne cette année-là. Paris, l’atelier principal, concentre l’essentiel des volumes avec 663 764 exemplaires rien qu’en 1825 et 870 002 en 1830, année où cinq variantes de coins ont été recensées. Lille, identifié par la lettre W, a frappé de manière plus irrégulière : 62 207 pièces en 1825, puis à peine 6 406 en 1826, 3 419 en 1827, avant un léger regain en 1828 et 1830. Nantes et Perpignan ne sont présentes que pour un seul millésime chacune, avec des tirages très faibles : 3 151 exemplaires pour Nantes en 1828 et 4 538 pour Perpignan en 1826. Ces chiffres expliquent pourquoi certaines combinaisons année-atelier sont devenues difficiles à trouver, indépendamment de l’état de conservation. Le tirage total connu s’établit à 2 124 759 exemplaires, un volume modeste comparé aux émissions d’or du Second Empire.
Ce que représentait une pièce de 20 francs sous Charles X
Avec ses 6,45161 grammes d’or à 900 millièmes, la pièce de 20 francs correspondait à une somme considérable pour la plupart des Français de l’époque. Un ouvrier parisien gagnait couramment entre deux et quatre francs par jour [À VÉRIFIER], ce qui place cette monnaie au niveau de plusieurs journées de travail. Elle servait donc rarement aux achats courants et circulait surtout entre commerçants aisés, propriétaires, notaires ou banquiers. Son diamètre de 21 millimètres seulement, pour une valeur faciale élevée, en faisait une pièce dense, facile à transporter et à dissimuler, ce qui a favorisé sa thésaurisation. Beaucoup d’exemplaires ont ainsi échappé à la refonte lors des changements de régime, ce qui explique la survie de certains millésimes.
Variantes et points d’attention pour les collectionneurs
Les variantes recensées sur cette émission portent principalement sur des retouches de coins : position de la signature, forme du nœud de la couronne, orientation des feuilles de laurier ou ponctuation de la légende. Paris compte à elle seule deux variantes pour 1827 et cinq pour 1830, tandis que Nantes et Lille présentent également des déclinaisons sur certaines années. La tranche, qui porte un motif en relief ou une inscription selon les émissions [À VÉRIFIER], constitue un autre critère d’authentification. Les collectionneurs examinent aussi l’état du listel, souvent écrasé sur les pièces ayant circulé, et la netteté du grènetis, qui témoigne d’une frappe soignée. Une pièce de 20 francs Charles X atelier A peut ainsi valoir, aux yeux d’un spécialiste, bien plus qu’une pièce de même millésime frappée à Lille, en raison du nombre de variantes et de la qualité moyenne des frappes parisiennes.
Ce qui suit le règne
La chute de Charles X en juillet 1830 interrompt la frappe de ce type. La monarchie de Juillet instaure un nouveau buste, celui de Louis-Philippe Ier, sur les mêmes modules et avec le même titre d’or, ce qui assure une continuité de poids et de valeur pour les transactions. Les pièces de 20 francs Charles X encore en circulation ont alors cohabité quelques années avec les nouvelles émissions avant d’être progressivement retirées ou fondues, selon les besoins du Trésor.