Aller au contenu

Second Empire, 1861-1870

5 francs Napoléon III

tête laurée

  • Argent 900‰métal
  • 37 mmdiamètre
  • 25 gpoids
Sur la frise Second Empire, 1852-1870

Pas encore dans le jeu

Pays
Second Empire
Époque
Époque contemporaine, 1861-1870
Métal
Argent 900‰
Poids
25 g
Diamètre
37 mm
Références
Numista 1184
Avers
tête laurée

Le franc à tête laurée de Napoléon III est une pièce d’argent de 5 francs frappée entre 1861 et 1870, sous le Second Empire. Elle est créée pour remplacer le type à tête nue, jugé trop austère pour un souverain qui veut affirmer la dignité impériale dans le quotidien des Français. Cette 5 francs Napoléon III tête laurée circulera massivement dans les années 1860, portée par la prospérité économique du régime et par la mécanisation de la frappe monétaire.

Un dessin signé Désiré-Albert Barre

Le portrait qui orne cette pièce doit à Désiré-Albert Barre [À VÉRIFIER], graveur général des monnaies sous le Second Empire et fils du célèbre Jacques-Jean Barre, auteur des types antérieurs. Le changement de type décidé au début des années 1860 répond à une évolution politique autant qu’esthétique. Après la période autoritaire de l’Empire naissant, Napoléon III souhaite une effigie plus majestueuse, conforme à l’image qu’il veut laisser. Le basculement de la tête nue vers la tête laurée s’inscrit dans cette logique : le laurier, attribut antique du triomphe, rehausse la figure impériale sans la transformer en allégorie. Le graveur reprend la structure du portrait déjà en usage, orienté vers la gauche, et y ajoute la couronne de lauriers qui donne son nom à la variante. Cette modification, en apparence mineure, distingue immédiatement les émissions postérieures à 1861 de celles qui les précèdent, et c’est ce détail que vérifient en premier lieu les collectionneurs lorsqu’ils examinent une pièce de 5 francs Napoléon III non datée dans leur main.

L’avers : un empereur tourné vers la gauche

L’avers porte donc le buste de Napoléon III ceint de lauriers, la tête de profil tournée vers la gauche du lecteur. Autour du portrait court la légende « NAPOLEON III EMPEREUR », inscrite dans le listel, c’est-à-dire le bourrelet circulaire qui borde la pièce à l’intérieur du grènetis, ce chapelet de petits points qui protège le champ des frottements. Sous le cou, en petits caractères, figure la signature du graveur, généralement un motif abrégé ou un nom selon les coins [À VÉRIFIER]. Le portrait occupe une large part du champ, ce qui laisse peu de place aux ornements et concentre l’attention sur la physionomie impériale. Les coins utilisés à Paris et à Strasbourg diffèrent légèrement par le rendu des mèches et la profondeur du laurier, différences que les amateurs distinguent à la loupe et qui expliquent une part des variantes répertoriées.

Le revers : valeur, couronne et lettre d’atelier

Le revers est commun aux pièces de 5 francs de la période : la valeur faciale « 5 FRANCS » s’inscrit au centre, entourée d’une couronne de laurier nouée en bas. Au-dessus, la légende « EMPIRE FRANÇAIS » encadre la couronne. En bas, dans l’exergue, se lit le millésime, accompagné de la lettre d’atelier placée à côté ou sous la date selon les émissions : A pour Paris, BB pour Strasbourg. Le différent du directeur monétaire et celui du graveur général figurent également sur le revers, de part et d’autre de la date, et changent avec les responsables en poste. Cette organisation du revers reste stable pendant toute la période 1861-1870, ce qui rend l’identification d’une pièce de 5 francs Napoléon III atelier A ou BB relativement aisée une fois la lettre repérée.

Une frappe concentrée sur la fin du règne

Les chiffres de production racontent à eux seuls l’histoire de cette pièce. Entre 1861 et 1866, les tirages restent modestes, souvent inférieurs à 100 000 exemplaires par an et par atelier. L’année 1861 ne compte ainsi que 22 098 pièces pour Paris, 1862 un peu moins de 28 000, et 1865 seulement 24 577 pour Paris contre 72 557 pour Strasbourg. La rupture intervient en 1867 : Paris frappe 6 511 287 exemplaires et Strasbourg 4 337 636, un bond qui correspond à la refonte massive des monnaies d’argent à cette époque [À VÉRIFIER]. L’année suivante atteint le sommet avec 6 520 459 pièces à Paris et 11 390 447 à Strasbourg, soit près de 18 millions d’exemplaires pour la seule année 1868. La guerre de 1870 interrompt cet élan : Paris frappe encore 6 246 264 pièces et Strasbourg 2 022 004, mais l’atelier alsacien tombe aux mains des Prussiens à l’automne et cesse son activité. Le tirage total connu s’élève à 48 917 356 exemplaires, un volume qui explique la relative abondance de cette pièce sur le marché des collectionneurs.

Ce que représentait un écu de 5 francs pour un ouvrier

Un salaire ouvrier moyen sous le Second Empire se situe autour de trois à cinq francs par jour selon les métiers et les régions [À VÉRIFIER]. Une pièce de 5 francs correspond donc à peu près à une journée de travail pour un ouvrier qualifié. Un kilo de pain coûte alors quelques dizaines de centimes [À VÉRIFIER], et un repas simple dans une gargote ouvrière se paie en sous. Cette pièce d’argent de 25 grammes représentait une somme qu’on ne sortait pas à la légère, réservée aux achats importants, au paiement du loyer ou à l’épargne. Sa taille généreuse, 37 millimètres de diamètre, la rendait visible dans la main et facile à reconnaître, ce qui limitait les risques de confusion avec des valeurs inférieures.

Ce que regardent les collectionneurs

La première vérification porte sur la lettre d’atelier, car une même année peut exister pour Paris et pour Strasbourg avec des tirages très différents. Certaines années présentent deux variantes pour un même atelier, notamment 1861 à Paris et 1869 à Strasbourg, généralement dues à un changement de différent ou à une retouche du coin. La tranche, lisse ou portant un motif selon les émissions [À VÉRIFIER], constitue un autre critère. Les états de conservation comptent beaucoup pour une pièce qui a intensément circulé : les exemplaires ayant gardé la netteté du laurier et des grènetis sont recherchés. Enfin, l’orientation et la netteté de la signature du graveur sous le cou permettent de distinguer des coins usés de coins neufs. Aucune cote n’est donnée ici, les prix variant trop selon l’état et le moment.

Après 1870 : la fin du type impérial

La chute du Second Empire en septembre 1870 met fin à la frappe de cette pièce. La Troisième République instaure de nouveaux types, notamment l’Hercule de Dupuis et le Cérès, qui reprennent la valeur de 5 francs mais abandonnent l’effigie impériale. L’atelier de Strasbourg, perdu après la défaite, ne frappera plus de monnaies françaises jusqu’à son retour dans le giron national en 1919. Les 5 francs Napoléon III tête laurée restent ainsi le dernier grand écu d’argent à l’effigie de l’Empereur, et les exemplaires de 1870, frappés dans les derniers mois du régime, ferment une série de dix années.

Millésimes et tirages

15 millésimes par atelier, 48 917 356 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1861ParisA22 098 · 2 variantes
1862ParisA27 819
1863ParisA14 997
1864ParisA32 168
1865ParisA24 577
1865StrasbourgBB72 557
1866ParisA37 893
1867ParisA6 511 287
1867StrasbourgBB4 337 636
1868ParisA6 520 459
1868StrasbourgBB11 390 447
1869ParisA2 055 891
1869StrasbourgBB9 601 259 · 2 variantes
1870ParisA6 246 264
1870StrasbourgBB2 022 004

Voir ces ateliers sur la carte →

En bref

Sous quel régime la pièce de 5 francs Napoléon III a-t-elle été frappée ?

Sous le Second Empire (1852-1870), entre 1861 et 1870.

En quel métal est la pièce de 5 francs Napoléon III ?

Argent 900‰, pour un poids de 25 g et un diamètre de 37 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 5 francs Napoléon III a-t-elle été frappée ?

2 ateliers recensés : Paris (A), Strasbourg (BB).

Combien d'exemplaires de la pièce de 5 francs Napoléon III ont été frappés ?

Au moins 48 917 356 exemplaires d'après les tirages connus, dont 11 390 447 à Strasbourg en 1868.

Frappées sous le même régime

Toutes les pièces →