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Second Empire, 1861-1868

10 centimes Napoléon III

Tête laurée

  • Bronzemétal
  • 30 mmdiamètre
  • 10 gpoids
Sur la frise Second Empire, 1852-1870

Pas encore dans le jeu

Pays
Second Empire
Époque
Époque contemporaine, 1861-1868
Métal
Bronze
Poids
10 g
Diamètre
30 mm
Références
Numista 480
Avers
Tête laurée

La pièce de 10 centimes Napoléon III à tête laurée est une monnaie de bronze du Second Empire, frappée de 1861 à 1868 dans les ateliers de Paris, Bordeaux et Strasbourg. Elle porte au droit l’effort impérial couronné de lauriers et au revers la valeur faciale entourée d’une couronne végétale. Destinée aux menues transactions quotidiennes, elle totalise plus de 52 millions d’exemplaires et compte parmi les monnaies courantes les plus recherchées par les collectionneurs pour la variété de ses millésimes et de ses ateliers.

Le portrait lauré de Napoléon III

L’avers présente un buste de Napoléon III tourné vers la gauche, la tête ceinte d’une couronne de lauriers nouée dans le dos. Le portrait est signé « BARRE » en petits caractères sous le cou. Autour du buste, la légende « NAPOLEON III EMPEREUR » se déploie en arc de cercle, séparée du listel par un grènetis, cette fine ligne de petits points qui borde traditionnellement les monnaies pour protéger le relief de l’usure. Le traitement du visage est réaliste : barbe impériale en pointe, favoris fournis, nez droit. Cette tête laurée remplace le type à tête nue utilisé sur les émissions antérieures de 10 centimes, à partir de 1861.

La reposition de la légende, la qualité de gravure du portrait et la présence systématique de la signature distinguent nettement cette variante. Le laurea couronne impériale renvoie à la symbolique romaine reprise par le Premier comme par le Second Empire, et donne au souverain une autorité visuelle que la seule effigie nue ne produisait pas. Les collectionneurs qui cherchent une pièce de 10 centimes Napoléon III 1861 à tête laurée constatent d’emblée cette signature sous le cou, indice fiable de la variante.

Une couronne de laurier sur le revers

Le revers affiche en son centre « 10 CENTIMES » sur deux lignes, inscrits dans une couronne de laurier nouée en bas par un ruban. Au-dessus de la couronne figure l’indication « EMPIRE FRANÇAIS ». En exergue, c’est-à-dire dans la partie inférieure du champ, sous le ruban, on lit le millésime suivi de la lettre d’atelier : « A » pour Paris, « K » pour Bordeaux, « BB » pour Strasbourg. Un grènetis encercle l’ensemble et fait écho à celui de l’avers. Le dessin de la couronne est ample, les feuilles de laurier se détachent nettement sur le champ lisse, avec une finesse qui varie selon les ateliers et les années.

Cette disposition est conforme aux usages du monnayage divisionnaire français : sur les monnaies de bronze de faible valeur, on privilégie un diamètre large (30 mm) et un métal peu coûteux, afin de faciliter la reconnaissance par le public et de limiter les risques de confusion. Le poids de 10 grammes reste modéré, ce qui rend la pièce maniable et résistante à l’usure du quotidien.

Fabrication et répartition entre les trois ateliers

Les 10 centimes à tête laurée sortent de trois ateliers monétaires entre 1861 et 1868. Paris, sous la lettre A, totalise 16 130 446 exemplaires. Bordeaux, sous la lettre K, en produit 17 202 747. Strasbourg, sous la lettre BB, en frappe 18 516 915. La production atteint son sommet en 1862, puis décline à partir de 1864, pour s’interrompre en 1866, 1867 et 1868 faute de données de frappe fournies. Les volumes varient fortement d’une année à l’autre : l’année 1864 ne compte que 1 556 490 pièces à Paris contre 5 463 211 deux ans plus tôt.

Cette dispersion traduit la logistique de la Monnaie impériale, qui adapte ses frappes à la demande régionale et aux besoins de la circulation. Les différences de tirage entre ateliers créent aujourd’hui des écarts de rareté relatifs, sans toutefois que ces monnaies soient introuvables : la pièce de 10 centimes Napoléon III atelier A de 1865, avec ses 1 436 255 exemplaires, reste la plus recherchée des séries parisiennes, tandis que Strasbourg propose les volumes les plus élevés sur la période.

La gravure du type est attribuée à Albert-Désiré Barre, graveur général des monnaies sous le Second Empire [À VÉRIFIER]. Le dessin de la tête laurée s’inspire des codes monétaires napoléoniens institués dès le Consulat et prolongés sous l’Empire. Par rapport aux types concurrents de la même valeur, cette variante se distingue par la permanence du laurier sur toute la période de frappe, sans retour à la tête nue, ce qui lui confère une cohérence iconographique sur l’ensemble des millésimes.

Ce que valait un sou dans les années 1860

Dans la France du Second Empire, 10 centimes représentent le dixième d’un franc, soit un « sou » dans le langage courant. Cette somme permet d’acheter un journal, un petit pain ou un verre de vin ordinaire, et correspond à une fraction significative du salaire journalier d’un ouvrier, qui gagne alors autour de 3 à 5 francs par jour selon les métiers et les régions [À VÉRIFIER]. La pièce circule intensivement dans les villes et les campagnes, où elle sert aux paiements de proximité chez l’épicier, le boulanger ou le marchand de tabac. Sa fabrication en bronze, moins coûteuse que l’argent ou le cuivre rouge, répond à la nécessité d’émettre un volume important de monnaie divisionnaire sans grever les finances publiques. L’usure rapide de ces pièces explique que les exemplaires conservés en bon état soient moins fréquents que les tirages ne le laisseraient supposer.

Ateliers, lettres et variantes à surveiller

Pour les collectionneurs, l’identification précise d’une pièce de 10 centimes Napoléon III à tête laurée passe d’abord par la lettre d’atelier en exergue du revers. Paris (A), Bordeaux (K) et Strasbourg (BB) forment l’essentiel de la série, mais certaines années sont particulièrement surveillées : 1865 à Paris, avec un tirage limité, ou 1863 à Strasbourg, qui ne dépasse pas 1 716 817 exemplaires. La tranche lisse, sans inscription ni décor, ne présente pas de variante notable sur ce type. En revanche, des différences de gravure existent dans le dessin des feuilles de laurier ou dans la position du millésime par rapport au ruban, phénomènes courants dans la frappe au balancier de l’époque. La couleur du bronze, plus ou moins rouge selon la composition des flans, et la qualité de conservation du grènetis comptent parmi les premiers critères d’examen. Les faux d’époque, fabriqués par moulage ou par frappe clandestine, se repèrent souvent à un relief mou et à un poids irrégulier, le poids théorique de 10 grammes servant de référence.

Après la tête laurée

Le type à tête laurée cède la place, à la fin du Second Empire, à de nouvelles émissions de 10 centimes au buste de Napoléon III encore modifié. La guerre de 1870 et la chute de l’Empire mettent un terme définitif à cette série impériale. La Troisième République inaugure ensuite un monnayage républicain de 10 centimes, notamment au type Cérès, qui reprend les mêmes caractéristiques de bronze et de module. Les pièces de 10 centimes Napoléon III à tête laurée restent donc, dans les collections, un jalon entre le monnayage du Premier Empire et celui de la République naissante, avec une période de frappe courte de huit ans seulement et une production concentrée sur les années 1861 à 1865 pour les millésimes les mieux documentés.

Millésimes et tirages

14 millésimes par atelier, 52 060 108 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1861ParisA3 688 306
1861StrasbourgBB4 634 355
1861BordeauxK4 461 451
1862ParisA5 463 211
1862StrasbourgBB4 692 605
1862BordeauxK5 145 329
1863ParisA4 196 184
1863StrasbourgBB1 716 817
1863BordeauxK4 520 929
1864ParisA1 556 490
1864StrasbourgBB2 676 287
1864BordeauxK3 075 038
1865ParisA1 436 255
1865StrasbourgBB4 796 851

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En bref

Sous quel régime la pièce de 10 centimes Napoléon III a-t-elle été frappée ?

Sous le Second Empire (1852-1870), entre 1861 et 1868.

En quel métal est la pièce de 10 centimes Napoléon III ?

Bronze, pour un poids de 10 g et un diamètre de 30 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 10 centimes Napoléon III a-t-elle été frappée ?

3 ateliers recensés : Paris (A), Strasbourg (BB), Bordeaux (K).

Combien d'exemplaires de la pièce de 10 centimes Napoléon III ont été frappés ?

Au moins 52 060 108 exemplaires d'après les tirages connus, dont 5 463 211 à Paris en 1862.

Frappées sous le même régime

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