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Second Empire, 1852-1857

10 centimes - Napoléon III

Tête nue

  • Bronzemétal
  • 30,2 mmdiamètre
  • 10 gpoids
Sur la frise Second Empire, 1852-1870

Pas encore dans le jeu

Pays
Second Empire
Époque
Époque contemporaine, 1852-1857
Métal
Bronze
Poids
10 g
Diamètre
30,2 mm
Références
Numista 320
Avers
Tête nue

La pièce de 10 centimes Napoléon III tête nue est une monnaie de bronze frappée de 1852 à 1857 sous le Second Empire, avant que le portrait de l’empereur ne soit remplacé par une effigie laurée. Destinée au petit commerce quotidien, elle fut produite à plus de 258 millions d’exemplaires dans sept ateliers français, ce qui en fait l’une des monnaies impériales les plus courantes en circulation.

Le graveur et le dessin : une tête nue signée Barre

Le portrait qui orne l’avers (la face principale de la pièce) est l’œuvre de Jean-Jacques Barre [À VÉRIFIER], graveur général des monnaies depuis 1842 [À VÉRIFIER]. Il avait déjà signé les effigies de Louis-Philippe et les premières monnaies de la Deuxième République, et l’on retrouve dans ce Napoléon III tête nue une manière reconnaissable entre toutes : un modelé lisse, un cou épais, un traitement assez frontal du visage qui tranche avec le réalisme tourmenté de certains portraits contemporains. Le choix d’une tête nue, sans couronne ni laurier, inscrit cette 10 centimes - Napoléon III dans une tradition républicaine d’effigie simple, alors même que le régime vient de se transformer en Empire. Barre meurt en 1855 [À VÉRIFIER] et n’aura donc pas vu la fin de la frappe de ce type, remplacé dès 1855-1856 par le buste lauré gravé par Désiré-Albert Barre, son fils [À VÉRIFIER]. Les deux effigies se chevauchent d’ailleurs quelque temps dans les ateliers, ce qui explique que les millésimes 1855 et 1856 se rencontrent avec l’une ou l’autre tête.

Description de l’avers et du revers

L’avers porte le buste de Napoléon III tourné vers la gauche, la tête nue, encadré par la légende « NAPOLEON III EMPEREUR ». Sous le cou se lit la signature BARRE, parfois suivie d’un différent de graveur. Un grènetis, ce petit cercle de perles qui borde la pièce, court à la périphérie du listel.

Le revers adopte une composition classique pour le bronze impérial. Au centre, dans une couronne de laurier nouée en bas, figure la valeur « DIX CENTIMES ». Au-dessus, la légende « EMPIRE FRANÇAIS » encadre le tout. En bas, à l’exergue (l’espace sous le motif principal, où l’on inscrit généralement la date et l’atelier), se trouvent le millésime et la lettre d’atelier : A pour Paris, B pour Rouen, BB pour Strasbourg, D pour Lyon, K pour Bordeaux, MA pour Marseille, W pour Lille. Ces lettres permettent d’identifier immédiatement l’origine d’un exemplaire, et une recherche comme « 10 centimes - Napoléon III atelier A » renvoie presque toujours à la production parisienne.

La fabrication : sept ateliers pour une monnaie de masse

Le volume frappé est considérable. L’année 1856 à elle seule totalise plus de 75 millions d’exemplaires tous ateliers confondus, avec un pic à Paris (19 288 522 pièces). Dès 1853, première année de pleine activité après le coup d’État, la production dépasse les 28 millions. Tous les ateliers ne travaillent pas au même rythme : Marseille et Bordeaux frappent des séries plus modestes en 1853 (un peu plus d’un million pour chacun), tandis que Lyon et Strasbourg dépassent les trois millions et demi. L’année 1857 marque un effondrement brutal, avec des tirages tombant souvent sous les deux millions, signe que le type tête laurée prend le relais.

Les variantes de coin abondent, en particulier en 1855, où plusieurs ateliers livrent deux ou trois variantes dans la même année. Ces différences portent sur la position de la signature, la forme du nœud de la couronne ou la ponctuation de la légende. Pour un collectionneur, une pièce de 10 centimes Napoléon III 1855 de Bordeaux avec trois variantes recensées demande une attention particulière au placement du différent et à l’orientation du buste.

Le contexte politique et monétaire

La pièce naît dans un moment de réorganisation complète du système monétaire. La loi du 25 avril 1848 [À VÉRIFIER] avait déjà fixé les caractéristiques du bronze pour les petites coupures, et le décret organique du 6 mai 1852 [À VÉRIFIER] confirme le poids de 10 grammes et le diamètre de 30,2 mm pour la 10 centimes. Le choix du bronze, alliage de cuivre et d’étain, s’impose pour ces valeurs modestes parce qu’il résiste à l’usure d’une circulation intense et coûte moins cher à produire que le cuivre pur. Napoléon III, proclamé empereur le 2 décembre 1852, a besoin d’une monnaie à son effigie qui circule partout, jusque dans les campagnes, pour asseoir la présence du nouveau régime dans les échanges les plus ordinaires.

La pièce dans la vie quotidienne

Dix centimes représentent une somme modeste mais utile. Un ouvrier parisien gagne alors environ 3 à 4 francs par jour [À VÉRIFIER], soit 30 à 40 pièces de 10 centimes, et cette coupure sert à acheter le pain, un journal, un verre de vin ou quelques légumes. Sa taille généreuse (30,2 mm pour 10 grammes) la rend facile à manipuler, mais aussi encombrante dans une poche. Le bronze s’use vite, et les exemplaires circulés perdent leur relief : un collectionneur recherche aujourd’hui les pièces à patine brune uniforme, sans corrosion verte ni traces de nettoyage, car un bronze nettoyé perd la quasi-totalité de son intérêt.

Les variantes à surveiller

Au-delà des millésimes et des ateliers, l’attention se porte sur quelques détails. La tranche est lisse, ce qui exclut toute vérification par ce biais. Les différences de frappe entre ateliers se repèrent surtout au style de la lettre d’atelier et à la régularité du grènetis. Certaines années, comme 1852 à Paris, ne comptent qu’un tirage symbolique de 642 898 exemplaires, ce qui en fait une année recherchée. À l’inverse, les millions de pièces de 1854, 1855 et 1856 rendent ces millésimes très accessibles, et leur intérêt réside davantage dans l’état de conservation que dans la rareté. Le millésime 1857, avec ses tirages réduits dans presque tous les ateliers, ferme la série.

Millésimes et tirages

35 millésimes par atelier, 258 813 784 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1852ParisA642 898
1853ParisA12 270 893
1853RouenB3 718 711
1853StrasbourgBB4 630 090
1853LyonD3 806 999
1853BordeauxK1 268 672 · 2 variantes
1853MarseilleMA1 009 338
1853LilleW3 240 204
1854ParisA13 626 631
1854RouenB7 975 216
1854StrasbourgBB8 490 492 · 2 variantes
1854LyonD8 484 923
1854BordeauxK7 163 120
1854MarseilleMA8 206 090
1854LilleW8 193 570
1855ParisA14 486 990 · 2 variantes
1855RouenB10 256 526 · 2 variantes
1855StrasbourgBB11 841 889 · 2 variantes
1855LyonD12 047 146 · 2 variantes
1855BordeauxK11 895 781 · 3 variantes
1855MarseilleMA11 022 052 · 2 variantes
1855LilleW9 184 227 · 2 variantes
1856ParisA19 288 522
1856RouenB11 493 357
1856StrasbourgBB8 396 005
1856LyonD5 067 712
1856BordeauxK8 670 337
1856MarseilleMA10 933 169
1856LilleW11 258 673
1857ParisA2 902 500
1857RouenB1 375 638
1857StrasbourgBB1 070 080
1857BordeauxK1 129 359
1857MarseilleMA2 003 732
1857LilleW1 762 242

Voir ces ateliers sur la carte →

En bref

Sous quel régime la pièce de 10 centimes - Napoléon III a-t-elle été frappée ?

Sous le Second Empire (1852-1870), entre 1852 et 1857.

En quel métal est la pièce de 10 centimes - Napoléon III ?

Bronze, pour un poids de 10 g et un diamètre de 30,2 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 10 centimes - Napoléon III a-t-elle été frappée ?

7 ateliers recensés : Paris (A), Rouen (B), Strasbourg (BB), Lyon (D), Bordeaux (K), Marseille (MA), Lille (W).

Combien d'exemplaires de la pièce de 10 centimes - Napoléon III ont été frappés ?

Au moins 258 813 784 exemplaires d'après les tirages connus, dont 19 288 522 à Paris en 1856.

Frappées sous le même régime

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