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Deuxième République, 1848-1849

5 francs Hercule

IIe République

  • Argent 900‰métal
  • 37 mmdiamètre
  • 25 gpoids
Sur la frise Deuxième République, 1848-1852

Pas encore dans le jeu

Pays
Deuxième République
Époque
Époque contemporaine, 1848-1849
Métal
Argent 900‰
Poids
25 g
Diamètre
37 mm
Références
Numista 1180
Avers
IIe République

La pièce de 5 francs Hercule de la IIe République est une monnaie en argent de 900 millièmes pesant 25 grammes, frappée en France entre 1848 et 1849, au lendemain de la révolution qui renverse la monarchie de Juillet. Elle porte une allégorie de la Liberté assise entourée de faisceaux et de lauriers, un dessin hérité du graveur Augustin Dupré qui sert de support à la jeune République pour affirmer sa légitimité monétaire. Son tirage total, réparti sur quatre ateliers, dépasse les 51 millions d’exemplaires, ce qui en fait l’une des grandes pièces d’argent du milieu du XIXe siècle.

La Liberté assise, héritage de Dupré

L’avers montre une figure féminine de profil tournée vers la droite. Elle est assise, vêtue à l’antique, coiffée du bonnet phrygien, ce couvre-chef des affranchis romains devenu l’emblème des révolutionnaires français. Sa main droite s’appuie sur un faisceau de licteur, attribut de magistrature repris de la Rome républicaine, tandis que sa main gauche tient une corne d’abondance renversée, d’où s’échappent des fruits. À ses pieds, derrière le faisceau, se devine un triangle inscrit dans un niveau, symbole d’égalité. Autour du buste, en légende, on lit « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE », et sous l’exergue figure la signature « Dupré » suivie d’un petit emblème [À VÉRIFIER]. Ce dessin reprend trait pour trait le type créé par Augustin Dupré en 1795 pour les monnaies de la Première République, gravé à l’origine pour l’écu de 6 livres. Le choix de ce motif n’est pas fortuit : les responsables monétaires de 1848 puisent dans le répertoire républicain de 1793 pour éviter toute référence au roi déchu Louis-Philippe et à son effigie bourgeoise. Le listel, cette bordure en relief qui protège le relief des chocs, encadre l’ensemble d’un grènetis régulier.

Un revers fait de symboles, pas de portraits

Le revers est dominé par une couronne de chêne et de laurier nouée en bas par un ruban. Au centre, en gros caractères, la valeur faciale « 5 FRANCS » occupe l’espace. Sous le ruban, le millésime, 1848 ou 1849, apparaît seul, en petit. À sa droite, une lettre isolée indique l’atelier de frappe : A pour Paris, D pour Lyon, BB pour Strasbourg, K pour Bordeaux. La légende « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ » se déploie sur le pourtour, entre la couronne et le grènetis extérieur. Le poids et le titre, autrefois gravés sur le flanc sous l’Ancien Régime, sont désormais indiqués par la tranche, qui porte en creux l’inscription « DIEU PROTÈGE LA FRANCE » et des rameaux [À VÉRIFIER]. Ce revers, plus sobre que celui des pièces de Louis-Philippe, traduit la volonté de rompre avec la monnaie royale sans inventer un vocabulaire entièrement neuf : la couronne végétale et la devise républicaine circulaient déjà sur les monnaies de 1793 à 1795.

La Deuxième République et la refonte du système monétaire

En février 1848, la chute de la monarchie de Juillet place la France sous un régime provisoire, puis sous la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte à partir de décembre. Le nouveau pouvoir doit affirmer sa souveraineté par la monnaie, qui circule entre toutes les mains et porte traditionnellement l’image du souverain. La pièce de 5 francs Hercule 1848 est ainsi frappée dès les premiers mois du régime, avant même que l’atelier de Paris n’ait écoulé les stocks de monnaies à l’effigie de Louis-Philippe. Le métal employé, l’argent à 900 millièmes, respecte le titre maintenu depuis la loi du 7 germinal an XI, qui a fixé le franc à 5 grammes d’argent pur. Le diamètre de 37 millimètres et le poids de 25 grammes correspondent au module des écus de 5 francs qui circulaient depuis 1795 et que la Deuxième République perpétue sans changement. Dès 1849, la frappe se poursuit, mais la production chute à Lyon et Bordeaux, signe d’un ralentissement de la demande après l’engouement révolutionnaire de 1848.

Paris, Strasbourg, Bordeaux et Lyon : la carte des ateliers

La répartition des tirages raconte à elle seule l’histoire économique de la période. Paris, atelier central, frappe 16 843 783 pièces de 5 francs Hercule en 1848, puis 29 130 599 en 1849, soit près de 90 % de la production totale. Strasbourg suit avec 2 349 728 exemplaires en 1848 et 2 542 815 en 1849. Bordeaux, beaucoup plus modeste, fournit 428 147 pièces en 1848 et 470 483 en 1849. Lyon ferme la marche avec 145 882 unités en 1848 et seulement 9 711 en 1849, un effondrement qui reflète sans doute la morosité de l’activité régionale [À VÉRIFIER]. La lettre d’atelier, seule marque distinctive, permet aujourd’hui d’identifier la provenance d’une pièce sans la peser ni l’analyser. Un collectionneur qui cherche une pièce de 5 francs Hercule atelier A trouvera donc Paris, atelier BB Strasbourg, atelier K Bordeaux et atelier D Lyon. Les monnaies de Lyon 1849, avec moins de 10 000 exemplaires connus, constituent la rareté relative de la série.

Ce qu’un salarié pouvait acheter avec 5 francs

Cinq francs représentent une somme considérable pour un ouvrier du milieu du XIXe siècle. Le salaire journalier moyen d’un ouvrier parisien tourne alors autour de 2 à 3 francs [À VÉRIFIER], ce qui place cette pièce d’argent à hauteur de deux journées de travail. Elle permet d’acheter plusieurs kilos de pain, un repas copieux dans une gargote ou une paire de chaussures. Dans les campagnes, où l’argent liquide circule moins, une telle pièce est souvent thésaurisée plutôt que dépensée : on la garde pour payer le fermage, la dot d’un enfant ou une urgence. Les pièces de 5 francs Hercule 1848 et 1849, lourdes et sonnantes, servent aussi de réserve de valeur dans les régions où les banques sont rares. Leur poids en argent en fait un objet de confiance, immédiatement reconnaissable même pour des mains illettrées.

Retouches, tranches et points de repère

Pour distinguer une pièce authentique d’une copie ou repérer une variété, les numismates examinent plusieurs éléments. La tranche en creux, avec sa devise et ses rameaux, constitue le premier contrôle : une tranche lisse ou mal alignée trahit souvent une refrappe ou un faux d’époque. Le grènetis, ce chapelet de petites perles qui borde l’avers et le revers, doit être régulier et complet. Les lettres d’atelier ont parfois été repoinçonnées après coup, notamment sur les monnaies de Bordeaux et de Lyon, ce qui crée des variétés de position recherchées. Sur l’avers, la signature « Dupré » peut être plus ou moins nette selon l’usure du coin, et certains exemplaires de 1849 montrent des retouches dans les feuilles de laurier [À VÉRIFIER]. La couleur de l’argent, qui varie du blanc brillant au gris mat selon le degré de circulation, ne suffit jamais à authentifier une pièce : seule la pesée à 25 grammes et l’examen de la tranche donnent des certitudes. Le millésime 1849 est souvent mieux conservé que celui de 1848, car les pièces frappées après la ferveur révolutionnaire ont moins circulé avant d’être thésaurisées.

Après 1849, le type Hercule s’efface

En 1852, la proclamation du Second Empire met fin à la Deuxième République. Le nouveau régime fait frapper des pièces de 5 francs à l’effigie de Napoléon III, d’abord en argent, puis dans un module réduit. Le type Hercule, lui, ne disparaît pas définitivement : il réapparaît sous la Troisième République à partir de 1870, puis sous la Quatrième et la Cinquième, avec des modifications de poids et de métal. La pièce de 5 francs Hercule de 1848 et 1849 reste donc la première d’une longue lignée, celle des Hercules républicains qui traversent les régimes. Les exemplaires frappés à Lyon en 1849, avec leurs 9 711 unités, constituent aujourd’hui la borne la plus basse de cette série inaugurale, et les monnaies de Strasbourg et de Bordeaux, moins abondantes que celles de Paris, attirent les collectionneurs qui constituent des séries par atelier.

Millésimes et tirages

8 millésimes par atelier, 51 921 148 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1848ParisA16 843 783
1848StrasbourgBB2 349 728
1848LyonD145 882
1848BordeauxK428 147
1849ParisA29 130 599
1849StrasbourgBB2 542 815
1849LyonD9 711
1849BordeauxK470 483

Voir ces ateliers sur la carte →

En bref

Sous quel régime la pièce de 5 francs Hercule a-t-elle été frappée ?

Sous la Deuxième République (1848-1852), entre 1848 et 1849.

En quel métal est la pièce de 5 francs Hercule ?

Argent 900‰, pour un poids de 25 g et un diamètre de 37 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 5 francs Hercule a-t-elle été frappée ?

4 ateliers recensés : Paris (A), Strasbourg (BB), Lyon (D), Bordeaux (K).

Combien d'exemplaires de la pièce de 5 francs Hercule ont été frappés ?

Au moins 51 921 148 exemplaires d'après les tirages connus, dont 29 130 599 à Paris en 1849.

Frappées sous le même régime

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