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Première République, 1797-1799

1 centime Dupré

  • Cuivremétal
  • 18 mmdiamètre
  • 2 gpoids
Sur la frise Première République, 1792-1799

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Pays
Première République
Époque
Époque contemporaine, 1797-1799
Métal
Cuivre
Poids
2 g
Diamètre
18 mm
Références
Numista 1117

La pièce de 1 centime Dupré est une monnaie de cuivre de la Première République, frappée de 1797 à 1799 dans le seul atelier de Paris. Elle porte à l’avers une figure allégorique de la Liberté dessinée par Augustin Dupré, graveur général des monnaies, et au revers la valeur « UN CENTIME » entourée d’une couronne de chêne. Avec plus de cent millions d’exemplaires produits en trois ans, c’est l’une des monnaies républicaines les plus abondantes de la période, et l’une des plus accessibles aux collectionneurs qui débutent dans la numismatique révolutionnaire.

La République cherche de la petite monnaie

La Première République, proclamée en septembre 1792, hérite d’un système monétaire en pleine décomposition. L’Ancien Régime avait ses liards, ses doubles et ses sols, frappés en billon ou en cuivre, mais la Révolution a interrompu la plupart des fabrications et la pénurie de petite monnaie devient criante dans les premières années de la République. Les assignats, ces billets émis dès 1789, occupent une partie du terrain, mais ils se déprécient et les transactions quotidiennes, achats de pain, de légumes, paiement d’une journée de travail, réclament des pièces divisionnaires en métal.

La loi du 28 thermidor an III (15 août 1795) refonde le système sur le Franc, divisé en 100 centimes, et abandonne définitivement la livre tournois. Il faut ensuite fabriquer les pièces correspondantes, du décime au centime. Le Directoire, qui gouverne à partir de novembre 1795, relance la frappe du cuivre avec un type nouveau portant la Liberté dessinée par Dupré. La pièce de 1 centime Dupré 1797 est l’une des premières à sortir en volume, pensée pour circuler au marché, chez le boulanger, dans les mains de tous ceux qui n’ont jamais vu autre chose que des pièces noires ou ternes.

La Liberté au bonnet phrygien, signée Dupré

L’avers montre un buste de femme tourné vers la droite. Elle porte le bonnet phrygien, ce couvre-chef des affranchis de l’Antiquité devenu l’emblème de la liberté retrouvée, et une couronne de chêne [À VÉRIFIER]. Devant le visage, deux caractères en petits caractères forment le différent du graveur. La légende « REPUBLIQUE FRANÇAISE » se déroule en arc de cercle autour du buste, précédée d’un petit symbole, et le nom « DUPRÉ » est gravé sous le cou, en signature discrète. Le grènetis, c’est-à-dire la petite chaîne de perles qui borde la pièce à l’intérieur du listel (le bord relevé), encadre le tout.

Le dessin reprend la tradition du portrait allégorique instaurée pendant la Révolution, avec cette femme aux traits réguliers qui n’est pas une personne réelle mais une idée. La couronne végétale, les cheveux relevés, le bonnet : tout ramène à la vertu civique. Le centime de Dupré se distingue par la petitesse de son module, 18 millimètres, qui oblige le graveur à une grande finesse dans les détails du visage et des cheveux.

Au revers, la valeur en clair dans la couronne

Le revers est plus sobre. La valeur « UN CENTIME » occupe le centre du champ, écrite sur deux lignes en caractères droits. Cette inscription est entourée d’une couronne de chêne nouée par un ruban en bas. À l’exergue, sous la couronne, on lit le millésime, « L’AN 6 » par exemple pour 1797, suivi de la lettre d’atelier A pour Paris. Cette combinaison date la pièce à la fois selon le calendrier républicain et selon le calendrier grégorien, un usage courant à l’époque.

La lettre A est le différent de l’atelier de Paris, le seul à avoir frappé cette monnaie. Toute pièce de 1 centime Dupré atelier A provient donc de la capitale, ce qui simplifie l’identification pour le collectionneur. Les mentions de la valeur, « site », « centime », restent lisibles même sur des exemplaires usés, ce qui a permis à cette monnaie de rester fonctionnelle après des années de circulation intense.

Dupré, dessinateur du Franc républicain

Augustin Dupré (1748-1833) est nommé graveur général des monnaies en 1795, après avoir déjà dessiné plusieurs monnaies révolutionnaires. Il occupe ce poste pendant une quinzaine d’années et signe la plupart des types de la période, y compris le fameux écu de 5 francs au même buste de la Liberté. Le choix de confier le centime à un seul graveur, plutôt qu’à une équipe, donne à la série une cohérence graphique que les collectionneurs apprécient : les traits de la Liberté, la disposition des légendes, le dessin de la couronne sont identiques d’un millésime à l’autre.

Le type s’inspire des monnaies antiques et des médailles gravées, avec un modelé du visage plus profond que sur les monnaies de billon de l’Ancien Régime. La pièce, à l’usage, se révèle assez solide pour le cuivre, mais son faible poids de 2 grammes la rend sujette à l’usure rapide : les plus beaux exemplaires ont peu circulé.

Trois ans de frappe, un seul atelier

Les chiffres de production racontent une histoire simple. En 1797 (an 5), 47 178 314 exemplaires sortent de la Monnaie de Paris. En 1798 (an 6), 48 778 486. En 1799 (an 7), le rythme s’effondre : 4 126 459 pièces seulement. Cette chute n’est pas un accident local. La production de petite monnaie de cuivre est révisée à la baisse par les autorités, qui préfèrent limiter les émissions face à la dépréciation du métal et à la concurrence des assignats. Le total connu, 100 083 259 exemplaires, place le 1 centime Dupré parmi les monnaies de cuivre les plus produites de la décennie.

Deux ans après l’arrêt de la frappe, le Consulat remplace la République et engage une nouvelle réforme monétaire. Le type Dupré survit quelques années dans les caisses et les porte-monnaie, mais les pièces neuves qui apparaissent sous Napoléon Bonaparte affichent d’autres effigies. La pièce de 1 centime Dupré 1799 est donc parmi les dernières de sa série à avoir été frappée sous le Directoire.

Ce qu’un centime achetait

Un centime de cuivre, dans les dernières années du Directoire, représente une fraction minuscule du salaire journalier d’un ouvrier, qui se compte plutôt en dizaines de sous ou en francs. Mais la petite monnaie s’échange contre des objets de première nécessité : une poignée de légumes, une bougie, un verre de vin ordinaire, un morceau de pain selon les moments et les régions [À VÉRIFIER]. Le centime est la pièce du quotidien, celle qu’on donne à l’enfant pour aller acheter quelque chose, celle qui se perd dans les poches et qu’on retrouve des années plus tard, noircie et presque illisible. Sa production massive répond à ce besoin constant de monnaie d’appoint, jamais satisfait par les seuls métaux précieux.

Variantes et tranche lisse

Le catalogue distingue huit variantes pour chacune des deux premières années, et deux pour 1799. Ces variantes portent sur des détails de gravure : orientation du buste, forme du bonnet, position du différent, ponctuation de la légende, parfois une date regravée. Les collectionneurs examinent aussi la tranche, qui est lisse sur cette monnaie, contrairement aux pièces de valeur supérieure qui portent parfois des inscriptions. La présence d’un grènetis net, sans écrasement, signale souvent un exemplaire frappé tôt dans la série. Un centime Dupré avec une tranche régulière et un flan non voilé se repère facilement à l’œil, ce qui explique l’intérêt qu’il suscite même chez les amateurs de monnaies révolutionnaires plus rares.

Millésimes et tirages

3 millésimes par atelier, 100 083 259 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1797ParisA47 178 314 · 8 variantes
1798ParisA48 778 486 · 8 variantes
1799ParisA4 126 459 · 2 variantes

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En bref

Sous quel régime la pièce de 1 centime Dupré a-t-elle été frappée ?

Sous la Première République (1792-1799), entre 1797 et 1799.

En quel métal est la pièce de 1 centime Dupré ?

Cuivre, pour un poids de 2 g et un diamètre de 18 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 1 centime Dupré a-t-elle été frappée ?

1 atelier recensé : Paris (A).

Combien d'exemplaires de la pièce de 1 centime Dupré ont été frappés ?

Au moins 100 083 259 exemplaires d'après les tirages connus, dont 48 778 486 à Paris en 1798.

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