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Monarchie de Juillet, 1832-1843

5 francs Louis-Philippe I

Type Domard, 2è retouche, tranche en relief

  • Argent 900‰métal
  • 37 mmdiamètre
  • 25 gpoids
Sur la frise Monarchie de Juillet, 1830-1848

Pas encore dans le jeu

Pays
Monarchie de Juillet
Époque
Époque contemporaine, 1832-1843
Métal
Argent 900‰
Poids
25 g
Diamètre
37 mm
Références
Numista 3653
Avers
Type Domard, 2è retouche, tranche en relief

Cinq francs Louis-Philippe I : la grosse pièce d’argent qui a accompagné toute une génération de Français sous la monarchie de Juillet. Ce type monétaire, dessiné par Joseph-François Domard, a été frappé dans treize ateliers entre 1832 et 1843, avec une deuxième retouche du portrait et une tranche en relief, pour un total dépassant 232 millions d’exemplaires. Un chiffre qui en fait l’une des pièces de 5 francs les plus courantes du XIXe siècle français.

Cinq francs, c’est presque une semaine de travail

Pour situer la pièce, un ordre de grandeur : dans les années 1830, un ouvrier parisien gagne à peu près trois à quatre francs par jour [À VÉRIFIER]. Recevoir une pièce de 5 francs Louis-Philippe I dans la main, c’était donc tenir la paye d’une journée et demie de labeur, ou le prix d’une paire de chaussures solides, d’un repas copieux à l’auberge pour plusieurs personnes, d’une consultation médicale dans un quartier populaire [À VÉRIFIER]. Elle circulait pour les règlements importants, alors que les petites transactions se faisaient en monnaie de billon et en pièces d’un franc ou de deux francs. Sa taille imposante, 37 millimètres de diamètre, et son poids de 25 grammes la rendaient immédiatement reconnaissable dans une poche ou une bourse. La pièce de 5 francs Louis-Philippe I 1832, avec ses presque 7,8 millions d’exemplaires sortis de l’atelier de Paris, a inondé les échanges commerciaux de la capitale dès sa première année de frappe.

La monarchie de Juillet et l’argent du juste milieu

Louis-Philippe d’Orléans accède au trône en août 1830 après les Trois Glorieuses, dans un contexte où la défiance envers la branche aînée des Bourbons est encore vive. Le nouveau régime a besoin d’une monnaie à son effigie, mais la loi du 25 juin 1830, adoptée avant la révolution, avait déjà fixé les caractéristiques du nouveau type de 5 francs. Le profil du roi, gravé par Domard, remplace progressivement celui de Charles X sur les pièces d’argent. Le régime s’installe, les ateliers monétaires reprennent leur activité à plein, et la production devient massive dès 1832, année où treize ateliers frappent simultanément. La stabilité relative des années 1830 permet à cette monnaie de circuler sans interruption majeure jusqu’en 1843, date à laquelle le type est remplacé [À VÉRIFIER sur la date exacte du remplacement].

Le portrait de Domard et sa deuxième retouche

L’avers montre la tête de Louis-Philippe Ier tournée vers la gauche, coiffée d’une couronne de chêne. La légende circulaire, qui désigne l’inscription entourant l’effigie, se lit « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS ». Sous le buste figure la signature « DOMARD F. », pour Joseph-François Domard, graveur général des monnaies sous la monarchie de Juillet [À VÉRIFIER sur le détail de ses fonctions]. Le listel, cette petite moulure en bord de flan, porte un grènetis, c’est-à-dire une couronne de petits points en relief.

La deuxième retouche du type Domard, celle qui nous intéresse ici, se distingue par des ajustements du portrait par rapport aux premiers tirages : barbe plus fournie, couronne de chêne légèrement modifiée, mèches de cheveux redessinées [À VÉRIFIER sur le détail exact de cette retouche]. Ces modifications sont parfois fines, et c’est justement là que les collectionneurs regardent de près.

Couronne, lettre d’atelier et tranche en relief

Le revers porte la valeur faciale « 5 FRANCS » au centre, entourée d’une couronne formée de deux branches, l’une de chêne, l’autre de laurier [À VÉRIFIER sur la composition exacte des branches]. En exergue, c’est-à-dire dans la partie basse séparée du champ principal par une ligne, on trouve le millésime. La lettre d’atelier apparaît dans le champ, à gauche ou à droite selon les années, selon un système de différent monétaire qui permet d’identifier l’origine de chaque flan.

À droite de la date figure généralement la lettre d’atelier, mais l’emplacement précis a varié entre les émissions. Le lettrage utilisé est le même que celui des pièces précédentes, en caractères romains. L’atelier de Paris se distingue par la lettre A, celui de Lille par W, Bordeaux par K, Rouen par B, Lyon par D, Marseille par MA, Bayonne par L, La Rochelle par H, Limoges par I, Nantes par T, Perpignan par Q, Strasbourg par BB, et Toulouse par M.

La tranche en relief constitue l’un des points d’identification majeurs de cette variante. Sur les premières émissions, la tranche portait une inscription en creux, c’est-à-dire gravée dans le métal. La retouche adoptée à partir de 1832 remplace ce dispositif par un texte en relief, c’est-à-dire saillant, généralement « DIEU PROTEGE LA FRANCE ». Cette différence de tranche est l’un des premiers critères que vérifient les numismates.

Treize ateliers, des volumes très inégaux

L’organisation de la production monétaire sous la monarchie de Juillet s’appuie sur un réseau d’ateliers répartis dans toute la France. Paris et Lille concentrent l’essentiel des volumes, avec des pics spectaculaires : 11,7 millions pour Lille en 1834, 11,3 millions pour Paris la même année, 9,2 millions pour Lille en 1833. A contrario, certains ateliers frappent des quantités très faibles, comme Marseille en 1839 avec 19 780 exemplaires, Toulouse en 1836 avec 71 980 pièces, Lyon la même année avec 199 792 unités.

Ces écarts s’expliquent en partie par la demande locale et par la capacité de production de chaque atelier. Le tirage total connu de 232 481 312 exemplaires sur douze années reflète cette dispersion. Les années 1834 et 1837 sont les plus prolifiques, tandis que 1836 marque un creux relatif avec moins de 8,3 millions de pièces toutes villes confondues.

Pour le collectionneur, la 5 francs Louis-Philippe I atelier A (Paris) reste la plus accessible en raison de ses tirages élevés presque chaque année. À l’inverse, des combinaisons comme Perpignan 1833 (662 301 exemplaires) ou Toulouse 1836 (71 980) sont plus recherchées.

Ce que regardent les collectionneurs

Plusieurs éléments distinguent les exemplaires entre eux. La tranche vient en premier : une tranche en relief avec l’inscription « DIEU PROTEGE LA FRANCE » est caractéristique du type Domard deuxième retouche. La présence de la signature « DOMARD F. » sous le buste doit être nette, non usée par la circulation. Les variantes de portrait, notamment la barbe plus ou moins fournie, intéressent les spécialistes qui traquent les retouches successives.

La lettre d’atelier et sa position constituent un autre point d’attention. Certaines années présentent des variantes de positionnement de cette lettre, comme en 1833 pour La Rochelle et Nantes, où deux variantes sont répertoriées. Les millésimes rares pour un atelier donné font grimper la demande : la 5 francs Louis-Philippe I 1839 atelier MA (Marseille, 19 780 exemplaires) est nettement moins courante que la même année à Paris.

L’état de conservation compte évidemment. Une pièce ayant peu circulé conserve les détails du visage, les feuilles de la couronne et le grènetis du listel. L’usure efface d’abord les points du grènetis et les nervures des feuilles.

Après 1843, la fin du type Domard

La frappe du type Domard s’arrête en 1843. Le régime cherche à moderniser l’iconographie monétaire, et de nouveaux types apparaissent [À VÉRIFIER sur le type exact qui remplace et la date du décret]. Les dernières années de frappe montrent une production encore soutenue : 7,8 millions à Lille en 1843, 2,4 millions à Rouen, 1,8 million à Paris. Les pièces de 5 francs Louis-Philippe I ont donc circulé massivement jusqu’à la fin du régime, et bien au-delà, car les monnaies d’argent restaient en usage longtemps après leur démonétisation officielle. Certaines ont été refondues, d’autres ont traversé les décennies dans des bas de laine, ce qui explique qu’on en trouve encore aujourd’hui en nombre sur le marché numismatique, avec des écarts de prix considérables selon l’atelier, le millésime et l’état.

Millésimes et tirages

100 millésimes par atelier, 232 481 312 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1832ParisA7 798 334
1832RouenB2 851 336
1832StrasbourgBB1 723 009
1832LyonD3 004 993
1832La RochelleH899 468
1832LimogesI702 152
1832BordeauxK602 126
1832BayonneL566 933
1832ToulouseM727 937
1832MarseilleMA1 183 461
1832PerpignanQ715 183
1832NantesT1 590 537
1832LilleW4 481 647
1833ParisA8 209 325
1833RouenB3 489 581
1833StrasbourgBB1 797 187
1833LyonD1 485 464
1833La RochelleH843 477 · 2 variantes
1833LimogesI1 012 910
1833BordeauxK748 467
1833BayonneL377 967
1833ToulouseM668 866
1833MarseilleMA871 617
1833PerpignanQ662 301
1833NantesT1 435 472 · 2 variantes
1833LilleW9 267 515
1834ParisA11 304 889
1834RouenB4 451 318
1834StrasbourgBB1 619 402
1834LyonD2 118 127
1834La RochelleH2 182 520
1834LimogesI1 931 676
1834BordeauxK2 155 520
1834BayonneL422 994
1834ToulouseM888 704
1834MarseilleMA488 431
1834PerpignanQ981 517
1834NantesT2 118 377
1834LilleW11 729 892
1835ParisA5 805 839
1835RouenB2 792 050
1835StrasbourgBB1 284 519
1835LyonD1 083 509
1835La RochelleH466 747
1835LimogesI597 194
1835BordeauxK927 243
1835ToulouseM411 939
1835MarseilleMA372 556
1835NantesT293 311
1835LilleW5 014 473
1836ParisA1 939 496
1836RouenB2 630 404
1836StrasbourgBB1 186 550
1836LyonD199 792
1836BordeauxK296 309
1836ToulouseM71 980
1836MarseilleMA361 420
1836LilleW1 612 978
1837ParisA6 882 552
1837RouenB6 073 336
1837StrasbourgBB599 104
1837LyonD92 456
1837BordeauxK812 232
1837MarseilleMA776 301
1837LilleW6 650 054
1838ParisA4 804 186
1838RouenB4 001 143
1838StrasbourgBB1 533 132
1838LyonD149 091
1838BordeauxK450 037
1838MarseilleMA2 062 160
1838LilleW4 718 532
1839ParisA5 089 645
1839RouenB3 465 886
1839StrasbourgBB1 063 406
1839LyonD518 802 · 2 variantes
1839BordeauxK896 147
1839MarseilleMA19 780
1839LilleW2 993 067
1840ParisA4 747 556
1840RouenB335 883
1840StrasbourgBB1 200 538
1840LyonD69 755
1840BordeauxK1 185 815
1840LilleW1 478 620 · 2 variantes
1841ParisA1 019 258
1841RouenB1 688 225
1841StrasbourgBB2 120 976
1841BordeauxK1 019 748
1841LilleW8 968 475
1842ParisA739 143
1842RouenB3 518 782
1842StrasbourgBB2 458 565
1842BordeauxK1 013 789
1842LilleW5 416 992
1843ParisA1 837 598
1843RouenB2 457 312
1843StrasbourgBB1 402 203
1843BordeauxK812 342
1843LilleW7 879 747

Voir ces ateliers sur la carte →

En bref

Sous quel régime la pièce de 5 francs Louis-Philippe I a-t-elle été frappée ?

Sous la monarchie de Juillet (1830-1848), entre 1832 et 1843.

En quel métal est la pièce de 5 francs Louis-Philippe I ?

Argent 900‰, pour un poids de 25 g et un diamètre de 37 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 5 francs Louis-Philippe I a-t-elle été frappée ?

13 ateliers recensés : Paris (A), Rouen (B), Strasbourg (BB), Lyon (D), La Rochelle (H), Limoges (I), Bordeaux (K), Bayonne (L), Toulouse (M), Marseille (MA), Perpignan (Q), Nantes (T), Lille (W).

Combien d'exemplaires de la pièce de 5 francs Louis-Philippe I ont été frappés ?

Au moins 232 481 312 exemplaires d'après les tirages connus, dont 11 729 892 à Lille en 1834.

Frappées sous le même régime

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