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1 PersonnageFrançois II 2 SymboleL'hermine 3 ModèleLe franc à cheval 4 Événement1487, la refonte 5 LieuSaint-Aubin-du-Cormier 6 PersonnageAnne de Bretagne 7 GravureLa croix du revers 8 Aujourd'hui3 000 à 30 000 €

Cavalier d'or

François II, duc de Bretagne. Or, environ 3,8 g.

Glissez dans le vide pour faire tourner le nuage.

Le duc de Bretagne fait frapper une pièce d'or qui reprend le franc à cheval des rois de France : même poids, même cavalier en armure. Sur l'écu, les hermines bretonnes remplacent les fleurs de lis.

Autorité
François II, duc de Bretagne
Pays
Duché de Bretagne
Époque
Moyen Âge, 1458-1488
Métal
or
Poids
3,8 g
Ateliers
Nantes, Rennes, Vannes
Avers
Le duc en armure à cheval, l'épée levée.
Revers
Croix fleurdelisée dans un quadrilobe.

Autour de la pièce

François II et Marguerite de Foix, enluminure, XVᵉ s., domaine public

1. Personnage

François II

Duc de Bretagne, 1435-1488

Dernier duc souverain de Bretagne. Il passe son règne à jouer les puissances les unes contre les autres — l'Angleterre, la Bourgogne, l'Empire — pour retarder l'inévitable absorption par la France.

Frapper de l'or, c'est frapper un droit régalien. En émettant son propre cavalier, François II ne fabrique pas de la richesse : il fabrique de la souveraineté.

Je suis l'égal du roi. Pas son vassal.
Règne
1458 — 1488
Fin
Chute de cheval, sept. 1488

Lié à : 1487, la refonte, Anne de Bretagne, Saint-Aubin-du-Cormier

Armes des ducs de Bretagne, d'hermine plain, Wikimedia Commons, CC BY-SA

2. Symbole

L'hermine

L'emblème qui remplace la fleur de lis

Sur l'écu du cavalier, là où le monnayage royal place la fleur de lis, la Bretagne place ses mouchetures d'hermine. Le geste est minuscule à l'œil. Politiquement, il est énorme.

L'hermine est associée au duché depuis Jean III. La devise qui l'accompagne — Potius mori quam foedari, plutôt mourir que se souiller — dit exactement ce que la pièce dit.

Apparition
XIVᵉ siècle
Devise
Plutôt mourir que se souiller

Lié à : La croix du revers

Franc à cheval de Jean II le Bon, 1360, Library of Congress, domaine public

3. Modèle

Le franc à cheval

La pièce française qu'on imite pour mieux la défier

Créé sous Jean II le Bon en 1360 pour payer sa rançon aux Anglais, le franc à cheval montre le roi de France en armure, l'épée haute, au galop.

Le cavalier breton en reprend le poids, le titre, la composition. L'imitation est délibérée : elle rend la substitution des symboles impossible à manquer.

Créé en
1360
Poids
≈ 3,8 g d'or fin

Lié à : 1487, la refonte

4. Événement

1487

L'or du roi transformé en or du duc

La guerre folle est engagée. François II fait saisir des écus d'or français, les fait fondre, et refrappe le métal à son propre coin.

Le roi de France voit son or revenir sous forme de symbole de rébellion. C'est un acte de guerre monétaire avant d'être un acte économique.

Il prend des écus d'or français. Il les fait fondre. Et il frappe ses propres cavaliers.
Contexte
Guerre folle, 1485-1488
Atelier
Nantes, Rennes, Vannes

Lié à : François II, Le franc à cheval

La bataille, Histoire universelle, Bib. Sainte-Geneviève Ms 523, domaine public

5. Lieu

Saint-Aubin-du-Cormier

28 juillet 1488

L'armée bretonne est écrasée par les troupes royales. Six mille morts en quelques heures. C'est la dernière bataille rangée de l'indépendance bretonne.

Le traité du Verger, signé trois semaines plus tard, interdit au duc de marier ses filles sans l'accord du roi. La monnaie ducale, elle, cesse.

Date
28 juillet 1488
Suite
Traité du Verger, 20 août

Lié à : Anne de Bretagne, François II

Anne de Bretagne, portrait, domaine public

6. Personnage

Anne de Bretagne

11 ans, duchesse, et déjà une monnaie de négociation

À la mort de son père, Anne hérite d'un duché vaincu. Mariée à Charles VIII en 1491, puis à Louis XII, elle sera deux fois reine de France.

Elle continue de faire frapper monnaie à son nom — un dernier geste de souveraineté formelle sur un territoire qui n'en a plus la substance.

Née
1477, Nantes
Mariage
1491, Charles VIII

Lié à : François II, Saint-Aubin-du-Cormier

7. Gravure

La croix du revers

Ce que la pièce dit sans l'écrire

Au revers, une croix fleurdelisée dans un quadrilobe, entourée de la légende. La formule latine invoque Dieu directement — sans passer par le roi.

C'est là le silence le plus éloquent de la pièce : aucune mention du souverain français, nulle part. Une omission qui vaut déclaration.

Revers
Croix fleurdelisée
Ce qui manque
Toute mention du roi

Lié à : L'hermine

8. Aujourd'hui

Ce qu'elle vaut

Selon l'atelier, le type et l'état

Les cavaliers d'or bretons sont rares : les émissions furent courtes, et une grande partie du stock fut refondue par les ateliers royaux après 1491.

Un exemplaire usé se négocie autour de 3 000 €. Un exemplaire de qualité Superbe, avec un atelier peu commun, peut dépasser 30 000 € en vente publique.

Rareté
Très rare
Fourchette
3 000 — 30 000 €

En bref

Sous quel régime la pièce de cavalier d'or a-t-elle été frappée ?

Sous la monarchie constitutionnelle (1791-1792), entre 1458 et 1488.

En quel métal est la pièce de cavalier d'or ?

or, pour un poids de 3,8 g.

Frappées sous le même régime

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