Le duc de Bretagne fait frapper une pièce d'or qui reprend le franc à cheval des rois de France : même poids, même cavalier en armure. Sur l'écu, les hermines bretonnes remplacent les fleurs de lis.
Autorité
François II, duc de Bretagne
Pays
Duché de Bretagne
Époque
Moyen Âge, 1458-1488
Métal
or
Poids
3,8 g
Ateliers
Nantes, Rennes, Vannes
Avers
Le duc en armure à cheval, l'épée levée.
Revers
Croix fleurdelisée dans un quadrilobe.
Autour de la pièce
François II et Marguerite de Foix, enluminure, XVᵉ s., domaine public
1. Personnage
François II
Duc de Bretagne, 1435-1488
Dernier duc souverain de Bretagne. Il passe son règne à jouer les puissances les unes contre les autres — l'Angleterre, la Bourgogne, l'Empire — pour retarder l'inévitable absorption par la France.
Frapper de l'or, c'est frapper un droit régalien. En émettant son propre cavalier, François II ne fabrique pas de la richesse : il fabrique de la souveraineté.
Armes des ducs de Bretagne, d'hermine plain, Wikimedia Commons, CC BY-SA
2. Symbole
L'hermine
L'emblème qui remplace la fleur de lis
Sur l'écu du cavalier, là où le monnayage royal place la fleur de lis, la Bretagne place ses mouchetures d'hermine. Le geste est minuscule à l'œil. Politiquement, il est énorme.
L'hermine est associée au duché depuis Jean III. La devise qui l'accompagne — Potius mori quam foedari, plutôt mourir que se souiller — dit exactement ce que la pièce dit.
Franc à cheval de Jean II le Bon, 1360, Library of Congress, domaine public
3. Modèle
Le franc à cheval
La pièce française qu'on imite pour mieux la défier
Créé sous Jean II le Bon en 1360 pour payer sa rançon aux Anglais, le franc à cheval montre le roi de France en armure, l'épée haute, au galop.
Le cavalier breton en reprend le poids, le titre, la composition. L'imitation est délibérée : elle rend la substitution des symboles impossible à manquer.
La bataille, Histoire universelle, Bib. Sainte-Geneviève Ms 523, domaine public
5. Lieu
Saint-Aubin-du-Cormier
28 juillet 1488
L'armée bretonne est écrasée par les troupes royales. Six mille morts en quelques heures. C'est la dernière bataille rangée de l'indépendance bretonne.
Le traité du Verger, signé trois semaines plus tard, interdit au duc de marier ses filles sans l'accord du roi. La monnaie ducale, elle, cesse.
Les cavaliers d'or bretons sont rares : les émissions furent courtes, et une grande partie du stock fut refondue par les ateliers royaux après 1491.
Un exemplaire usé se négocie autour de 3 000 €. Un exemplaire de qualité Superbe, avec un atelier peu commun, peut dépasser 30 000 € en vente publique.
Rareté
Très rare
Fourchette
3 000 — 30 000 €
En bref
Sous quel régime la pièce de cavalier d'or a-t-elle été frappée ?
Sous la monarchie constitutionnelle (1791-1792), entre 1458 et 1488.