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Consulat, 1802-1803

5 francs Bonaparte

premier consul

  • Argent 900‰métal
  • 37 mmdiamètre
  • 25 gpoids
Sur la frise Consulat, 1799-1804

Pas encore dans le jeu

Pays
Consulat
Époque
Époque contemporaine, 1802-1803
Métal
Argent 900‰
Poids
25 g
Diamètre
37 mm
Références
Numista 21917
Avers
premier consul

La pièce de 5 francs Bonaparte premier consul est une monnaie en argent de 900 millièmes pesant 25 grammes, frappée de l’an X à l’an XI (1802-1803) sous le Consulat, dans quatorze ateliers français et annexés. Elle porte à l’avers le profil de Napoléon Bonaparte alors Premier consul et au revers la valeur faciale entourée de deux branches. Avec 11 543 746 exemplaires connus, elle constitue la première grande émission d’argent du régime consulaire.

Un profil juvénile signé Tiolier

L’avers montre Bonaparte tourné vers la gauche, la tête nue, le cou dégagé, les cheveux courts et légèrement ondulés ramenés sur le front. Le graveur Pierre-Joseph Tiolier [À VÉRIFIER], alors graveur général des monnaies, a signé son travail d’un petit « Tiolier » placé sous le buste, contre le grènetis. Ce portrait contraste avec les effigies monarchiques qui l’ont précédé : pas de perruque, pas de manteau d’apparat, pas de couronne. La légende circulaire annonce « BONAPARTE PREMIER CONSUL » et se lit dans le sens des aiguilles d’une montre. Une date figure en bas, séparée par le profil, sous la forme du calendrier républicain : AN X ou AN XI selon le millésime. Le listel, c’est-à-dire le bourrelet périphérique qui protège le flan, encadre l’ensemble, et le grènetis, cette couronne de petits points, sépare le champ de la légende.

Deux branches, une valeur et un millésime

Le revers est occupé au centre par « 5 FRANCS » inscrit sur deux lignes dans un cercle formé de deux branches, l’une de laurier à gauche, l’autre d’olivier à droite, nouées en bas par un ruban. Au-dessus de la couronne végétale, la légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » court en périphérie. Le millésime figure dans l’exergue, cette partie basse du champ isolée par une ligne horizontale. De part et d’autre de cette ligne, deux petits signes : d’un côté le différent du graveur général, de l’autre la lettre d’atelier. C’est cette lettre qui permet aujourd’hui d’identifier où la pièce a été frappée. Un « A » désigne Paris, un « K » Bordeaux, un « MA » Marseille, un « BB » Strasbourg, et ainsi de suite pour les quatorze villes concernées. Cette combinaison de marques, à peine visible à l’œil nu sur une pièce usée, est devenue l’élément que les collectionneurs scrutent en premier.

Le type Dupré, héritage et rupture

Le dessin du revers reprend presque trait pour trait le type créé par Augustin Dupré pour la pièce de 5 francs de la Convention et du Directoire. La couronne de laurier et d’olivier, la disposition de la valeur, la légende républicaine : tout est conservé. Seul l’avers change, troquant l’Hercule ou la figure allégorique contre le visage d’un homme politique en exercice. Cette continuité graphique n’est pas un détail : elle rattache la pièce de 5 francs Bonaparte premier consul aux émissions révolutionnaires tout en installant un portrait personnel sur la monnaie de l’État. Le Consulat utilise l’argent comme support de légitimation sans encore franchir le pas du titre impérial.

Quatorze ateliers, un déséquilibre écrasant

La production se répartit entre 1802 et 1803 sur deux années civiles correspondant aux an X et an XI du calendrier républicain. Paris concentre à lui seul plus de sept millions d’exemplaires, avec 3 877 151 pièces en 1802 et 3 453 967 en 1803, certaines issues de coins retouchés. Toulouse suit avec 1 199 306 exemplaires en 1803, puis Perpignan avec 578 350 la même année et Marseille avec 205 732 en 1802. À l’opposé, Lyon n’a frappé que 5 547 pièces en 1802 avant de remonter à 115 664 en 1803, et Turin, atelier installé dans le Piémont récemment rattaché à la France, n’a produit que 9 953 exemplaires. Genève, autre ville annexée, affiche 13 792 pièces. Ces écarts considérables reflètent la hiérarchie économique des régions et la proximité des hôtels des monnaies avec les zones de circulation intense. La lettre d’atelier, minuscule sur le revers, prend dans ce contexte une importance considérable : une pièce de 5 francs Bonaparte atelier A et une pièce frappée à Turin sont identiques en poids et en titre, mais pas en rareté.

Ce que cinq francs représentaient

Cinq francs en 1802, c’est une somme. Le franc germinal, défini par la loi du 7 germinal an XI [À VÉRIFIER], sert de référence à tout le système monétaire. Un ouvrier parisien gagne alors autour de deux à trois francs par jour selon les métiers [À VÉRIFIER], ce qui place cette pièce d’argent parmi les coupures que l’on ne sort pas pour acheter du pain. Elle sert aux paiements importants, aux règlements de loyers, aux transactions commerciales. Sa taille, 37 millimètres de diamètre, et son poids de 25 grammes en font un objet tangible, lourd dans la main, visible dans une bourse. Les pièces de 1 franc et de 2 francs, plus courantes, assurent le quotidien ; le 5 francs est la coupure de l’épargne et du commerce.

Variantes de coins et regards de collectionneurs

Plusieurs ateliers présentent des variantes recensées : Bayonne en 1802 et 1803, Paris en 1803, Perpignan en 1803 et Toulouse en 1803 comptent chacun deux variantes de coins. Ces différences portent sur des détails de gravure, position de la signature, forme du ruban, orientation des feuilles, et parfois sur des retouches de coin en cours de production. La tranche, laissée lisse sur ce type, ne présente pas d’inscription contrairement à d’autres monnaies de la même période. Les collectionneurs examinent aussi l’état du listel, la netteté du grènetis et la qualité de frappe du portrait, souvent plus soignée à Paris qu’en province en raison de l’usure des coins. La pièce de 5 francs Bonaparte 1802 et sa version 1803 restent, pour les amateurs de numismatique napoléonienne, les deux millésimes de référence de cette émission consululaire.

Le Consulat disparaît en mai 1804 avec la proclamation de l’Empire. Les pièces de 5 francs au profil de Bonaparte Premier consul sont alors remplacées par des émissions portant la légende « Napoléon Empereur », avec un nouveau buste lauré et un revers modifié.

Millésimes et tirages

22 millésimes par atelier, 11 543 746 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1802ParisA3 877 151
1802LyonD5 547
1802BordeauxK30 617
1802BayonneL119 269 · 2 variantes
1802MarseilleMA205 732
1802PerpignanQ309 220
1802NantesT17 864
1803ParisA3 453 967 · 2 variantes
1803RouenB34 557
1803StrasbourgBB17 765
1803LyonD115 664
1803GenèveG13 792
1803La RochelleH69 939
1803LimogesI421 811
1803BordeauxK462 481
1803BayonneL310 664
1803ToulouseM1 199 306 · 2 variantes
1803MarseilleMA148 971
1803PerpignanQ578 350 · 2 variantes
1803NantesT113 119
1803TurinU9 953
1803LilleW28 007

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En bref

Sous quel régime la pièce de 5 francs Bonaparte a-t-elle été frappée ?

Sous le Consulat (1799-1804), entre 1802 et 1803.

En quel métal est la pièce de 5 francs Bonaparte ?

Argent 900‰, pour un poids de 25 g et un diamètre de 37 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 5 francs Bonaparte a-t-elle été frappée ?

15 ateliers recensés : Paris (A), Lyon (D), Bordeaux (K), Bayonne (L), Marseille (MA), Perpignan (Q), Nantes (T), Rouen (B), Strasbourg (BB), Genève (G), La Rochelle (H), Limoges (I), Toulouse (M), Turin (U), Lille (W).

Combien d'exemplaires de la pièce de 5 francs Bonaparte ont été frappés ?

Au moins 11 543 746 exemplaires d'après les tirages connus, dont 3 877 151 à Paris en 1802.

Frappées sous le même régime

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