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Consulat, 1802-1803

40 francs Bonaparte

  • Or 900‰métal
  • 26 mmdiamètre
  • 12,9 gpoids
Sur la frise Consulat, 1799-1804

Pas encore dans le jeu

Pays
Consulat
Époque
Époque contemporaine, 1802-1803
Métal
Or 900‰
Poids
12,9 g
Diamètre
26 mm
Références
Numista 8253

La pièce de 40 francs Bonaparte est une monnaie en or émise sous le Consulat, entre l’an XI et l’an XII (1802-1803), à l’atelier de Paris uniquement. Elle porte le portrait du Premier consul Napoléon Bonaparte et constitue la première dénomination de 40 francs de l’histoire monétaire française. Sa frappe accompagne la réforme qui instaure le franc germinal, nouvelle unité monétaire stable destinée à remplacer les assignats et les monnaies révolutionnaires.

Un type signé Pierre-Joseph Tiolier, graveur général des monnaies

Le dessin de cette pièce doit beaucoup à Pierre-Joseph Tiolier, nommé graveur général des monnaies par un arrêté consulaire de 1803 [À VÉRIFIER]. C’est lui qui fixe les traits du Premier consul pour l’ensemble des espèces de la période, du bronze au métal jaune. Le portrait retenu pour le 40 francs montre Bonaparte de profil à gauche, la tête nue, les cheveux courts et ramenés en mèches sur le front. Le cou est nu, sans col montant, ce qui distingue nettement ce type des effigies impériales à venir, où le profil droit, la couronne de laurier et le manteau d’hermine s’imposeront à partir de 1804. La légende circulaire affiche « BONAPARTE PREMIER CONSUL », formule qui rappelle le régime en place et le titre exact du personnage. Sous le buste figure la signature du graveur, généralement rendue par « Tiolier » en petits caractères, parfois accompagnée d’un différent ou d’un symbole d’atelier selon les variantes recensées.

Ce choix iconographique rompt avec les codes de la monarchie : pas de buste drapé à l’antique, pas d’attributs de souveraineté héréditaire. Le profil est sobre, presque administratif, à l’image du Consulat qui veut se présenter comme un gouvernement de salut public plutôt que comme une nouvelle dynastie [À VÉRIFIER]. Les graveurs de l’atelier de Paris ont dû graver plusieurs coins à partir de ce modèle, ce qui explique la présence de variantes de portrait signalées pour le millésime 1802.

Le revers : valeur, millésime et marque d’atelier

Le revers de la pièce de 40 francs Bonaparte 1802 porte la valeur faciale « 40 FRANCS » au centre, inscrite dans une couronne formée de deux branches, l’une de laurier, l’autre d’olivier, nouées à leur base. Autour, la légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » rappelle le cadre institutionnel officiel, même si le pouvoir est déjà concentré entre les mains du Premier consul. En bas, dans l’exergue, figure le millésime selon le calendrier révolutionnaire : « AN XI » pour les frappes de 1802, « AN XII » pour celles de 1803. La lettre d’atelier « A » apparaît à un emplacement variable selon les coins, souvent sous la couronne ou près de la légende, et identifie Paris comme unique lieu de fabrication. Le grènetis, ce cordon de petits points qui borde le listel extérieur, encadre les deux faces et protège les reliefs de l’usure.

Cette composition reprend largement les canons des monnaies républicaines émises depuis 1795, avec la couronne végétale et la mention de la République. La présence du portrait de Bonaparte à l’avers crée une tension entre l’effigie d’un homme fort et les symboles d’un régime collégial, tension qui disparaîtra dès l’Empire.

Une frappe concentrée sur deux ans et un seul atelier

Le tirage total connu s’élève à 479 521 exemplaires, répartis entre 226 115 pièces datées 1802 (an XI) et 253 406 pièces datées 1803 (an XII). Toutes sortent de l’atelier de Paris, identifié par la lettre A. Aucune autre ville ne frappe cette dénomination pendant la période, ce qui contraste avec les multiples ateliers provinciaux qui produiront plus tard les 20 et 40 francs sous l’Empire. Les registres signalent deux variantes pour 1802 et quatre pour 1803, portant sur des détails de gravure : position de la lettre d’atelier, forme de la signature, orientation des branches de la couronne, ou légères retouches du profil. Ces variantes intéressent aujourd’hui les collectionneurs qui comparent les coins et cherchent à reconstituer la séquence de fabrication. La production reste modeste au regard des frappes impériales ultérieures, où les 40 francs atteindront des volumes bien supérieurs.

Un poids calé sur le franc germinal

La pièce pèse 12,90322 grammes et titre 900 millièmes d’or fin, ce qui correspond à 11,6129 grammes d’or pur. Ce calibrage découle de la loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803) [À VÉRIFIER], qui fixe le franc à 5 grammes d’argent au titre de 900 millièmes et établit un rapport légal entre l’or et l’argent. Le diamètre de 26 millimètres place le 40 francs entre le 20 francs (21 mm) et les grandes pièces de 5 francs argent (37 mm), ce qui en fait une monnaie de bonne taille, facile à manipuler et à empiler. La tranche porte une inscription en relief ou un motif de cannelures selon les émissions [À VÉRIFIER], élément que les numismates examinent pour authentifier les exemplaires et détecter d’éventuelles refrappes.

Le choix du titre de 900 millièmes pour l’or, identique à celui de l’argent, simplifie les calculs et facilite la circulation entre les deux métaux. Il s’inscrit dans une tradition qui remonte aux réformes de la Révolution, mais il faut attendre le Consulat pour que le franc devienne une réalité tangible, avec des espèces en or et en argent circulant effectivement.

Ce que représentaient 40 francs pour un salarié de l’an XI

Quarante francs en or représentaient une somme considérable pour la grande majorité de la population. Un ouvrier parisien gagnait alors environ 2 à 3 francs par jour [À VÉRIFIER], ce qui signifie que cette pièce équivalait à deux semaines de salaire environ. Un fonctionnaire subalterne, un instituteur ou un employé de commerce pouvait toucher entre 1 500 et 2 000 francs par an [À VÉRIFIER], plaçant le 40 francs hors de portée pour les dépenses courantes. On l’utilisait plutôt pour des paiements importants : loyer trimestriel d’un logement modeste, achat de mobilier, règlement d’une dette, constitution d’une dot. Les pièces de 40 francs circulaient moins que les 20 francs ou les écus de 5 francs, et beaucoup finissaient thésaurisées ou refondues. Leur valeur intrinsèque en or les protégeait des fluctuations du papier-monnaie, encore présent dans les mémoires après la crise des assignats.

Une existence brève, remplacée par le 40 francs Napoléon empereur

Dès 1804, la proclamation de l’Empire modifie radicalement l’iconographie monétaire. Le profil de Bonaparte Premier consul cède la place à celui de Napoléon empereur, avec couronne de laurier et légende « NAPOLÉON EMPEREUR ». La dénomination de 40 francs subsiste, mais le type consulaire n’est plus frappé. Les pièces de 40 francs Bonaparte 1802 et 1803 deviennent alors des témoins d’une transition courte, celle d’un régime qui n’aura duré que quelques années avant de se muer en monarchie héréditaire. Les collectionneurs recherchent aujourd’hui ces exemplaires pour leur position charnière entre la République et l’Empire, et pour la rareté relative des millésimes an XI et an XII par rapport aux émissions impériales. La lettre d’atelier A, la présence ou l’absence de différents, et l’état de conservation du portrait constituent les principaux critères d’examen.

Millésimes et tirages

2 millésimes par atelier, 479 521 exemplaires au total pour les tirages connus. La lettre d'atelier figure sur la pièce.

AnnéeAtelierLettreTirage
1802ParisA226 115 · 2 variantes
1803ParisA253 406 · 4 variantes

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En bref

Sous quel régime la pièce de 40 francs Bonaparte a-t-elle été frappée ?

Sous le Consulat (1799-1804), entre 1802 et 1803.

En quel métal est la pièce de 40 francs Bonaparte ?

Or 900‰, pour un poids de 12,9 g et un diamètre de 26 mm.

Dans quels ateliers la pièce de 40 francs Bonaparte a-t-elle été frappée ?

1 atelier recensé : Paris (A).

Combien d'exemplaires de la pièce de 40 francs Bonaparte ont été frappés ?

Au moins 479 521 exemplaires d'après les tirages connus, dont 253 406 à Paris en 1803.

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